Il y a peu de spectacles, sur la surface du globe, plus remarquables, soit au point de vue de la science géologique, soit au point de vue du pittoresque, que celui de la forêt pétrifiée près du Caire. Le voyageur, après avoir passé devant les tombes des califes et franchi les portes de la ville, se dirige vers le sud, presque en angle droit avec la route qui traverse le désert pour aller à Suez, et, après avoir fait quelque dix milles dans une vallée basse et stérile, couverte de sable, de gravier, et de coquilles marines, aussi fraîches que si la marée venait de se retirer la veille, traverse une longue ligne de collines de sable, qui courent pendant quelque temps dans une direction parallèle à son chemin. La scène qui se présente alors à ses yeux offre un caractère inconcevable d'étrangeté et de désolation. C'est une masse de tronçons d'arbres, tous pétrifiés, qui sonnent comme du fer fondu sous le talon de son cheval, et qui semblent s'étendre à des milles et des milles autour de lui sous la forme d'une forêt abattue et morte. Le bois a une teinte brun foncé, mais conserve parfaitement sa forme; ces tronçons ont de un à quinze pieds de long, et de un demi-pied à trois pieds d'épaisseur; ils paraissent si rapprochés les uns des autres, qu'un âne égyptien peut à peine passer à travers; et ils sont si naturels, qu'en Ecosse ou en Irlande, on pourrait prendre cet endroit pour quelque énorme fondrière desséchée, où les arbres exhumés et gisants pourrissent au soleil. Les racines et les branches de beaucoup de ces arbres sont intactes, et dans quelques-uns on peut facilement reconnaître les vermoulures sous l'écorce. Les plus délicates veines de l'aubier, les plus fins détails du coeur du bois y sont dans leur entière perfection, et défient les plus fortes lentilles. La masse est si complètement silicifiée, qu'elle peut rayer le verre et recevoir le poli le plus achevé.—Asiatic Magazine.
[5] La caverne Mammoth du Kentucky.
[6] En Islande, 1783.
[7] «Pendant l'éruption de l'Hécla en 1766, des nuages de cendres produisirent une telle obscurité, qu'à Glaumba, à plus de cinquante lieues de la montagne, on ne pouvait trouver son chemin qu'à tâtons. Lors de l'éruption du Vésuve en 1794, à Caserta, à quatre lieues de distance, il fallut recourir à la lumière des torches. Le 1er mai 1812, un nuage de cendres et de sable, venant d'un volcan de l'île Saint- Vincent, couvrit toute l'étendue des Barbades, en répandant une telle obscurité qu'en plein midi et en plein air, on ne pouvait distinguer les arbres ou autres objets rapprochés, pas même un mouchoir blanc placé à la distance de six pouces de l'oeil.»—Murray, p. 215, Phil. édit.
[8] En 1790, dans le Caraccas, pendant un tremblement de terre, une certaine étendue de terrain granitique s'engouffra, et laissa à sa place un lac de 800 mètres de diamètre, et de 90 à 100 pieds de profondeur. Ce terrain était une partie de la forêt d'Aripao, et les arbres restèrent verts sous l'eau pendant plusieurs mois—Murray, p. 221.
[9] Le plus dur acier manufacturé peut, sous l'action d'un chalumeau, se réduire à une poudre impalpable, capable de flotter dans l'air atmosphérique.
[10] La région du Niger. Voir le Colonial Magazine de Simmond.
[11] Le Formicaleo. On peut appliquer le terme de monstre aux petits êtres anormaux aussi bien qu'aux grands, les épithètes telles que celle de vaste étant purement comparatives. La caverne du Formicaleo est vaste en comparaison de celle de la fourmi rouge ordinaire. Un grain de sable est aussi un roc.
[12] L'Epidendron, flos aeris, de la famille des Orchidées, n'a que l'extrémité de ses racines attachée à un arbre ou à un autre objet d'où il ne tire aucune nourriture; il ne vit que d'air.
[13] Les Parasites, telles que la prodigieuse Rafflesia Arnaldii.