Quoique la tendance, immédiate et perpétuelle, des atomes dispersés à retourner vers leur Unité normale soit impliquée, comme je l'ai dit, dans leur diffusion anormale, toutefois il est clair que cette tendance doit être sans résultat,—qu'elle doit rester une tendance et rien de plus,—jusqu'à ce que la force d'expansion, cessant d'opérer, donne à cette tendance toute liberté de se satisfaire. L'Action Divine, toutefois, étant considérée comme déterminée, et interrompue après l'opération primitive de la diffusion, nous concevons tout de suite une réaction,—en d'autres termes une tendance, qui pourra être satisfaite, de tous les atomes désunis à retourner vers l'Unité.
Mais la force de diffusion étant retirée, et la réaction ayant commencé pour favoriser le dessein final,—celui de créer la plus grande somme de rapports possible,—ce dessein est maintenant en danger d'être frustré dans le détail, par suite de cette tendance rétroactive qui a pour but son accomplissement total. La multiplicité est l'objet; mais rien n'empêche les atomes voisins de se précipiter tout de suite l'un vers l'autre,—grâce à leur tendance maintenant libre, avant l'accomplissement de tous les buts multiples,—et de se fondre tous en une unité compacte; rien ne fait obstacle à l'aggrégation de diverses masses, isolées jusque-là, sur différents points de l'espace;—en d'autres termes, rien ne s'oppose à l'accumulation de diverses masses, chacune faisant une Unité absolue.
V
Pour l'accomplissement efficace et complet du plan général, nous devinons maintenant la nécessité d'une force répulsive limitée,—de quelque chose qui serve à séparer, et qui, lors de la cessation de la Volition diffusive, puisse en même temps permettre le rapprochement et empêcher la jonction des atomes; qui leur permette de se rapprocher infiniment, et leur défende de se mettre en contact positif; quelque chose, en un mot, qui ait puissance, jusqu'à une certaine époque, de prévenir leur fusion, mais non de contredire à aucun égard ni à aucun degré leur tendance à se réunir. La force répulsive, déjà considérée comme si particulièrement limitée à d'autres égards, peut, je le répète, être prise comme une puissance destinée à empêcher l'absolue cohésion, seulement jusqu'à une certaine époque. A moins que nous ne concevions l'appétition des atomes pour l'Unité comme condamnée à n'être jamais satisfaite,—à moins que nous n'admettions que ce qui a eu un commencement ne doive pas avoir de fin,—idée qui est réellement inadmissible, quelque nombreux que soient ceux d'entre nous qui rêvent et bavardent sur ce thème,—nous sommes forcés de conclure que l'influence répulsive supposée devra finalement,—sous la pression de l'Unitendance agissant collectivement, mais agissant seulement alors que, pour l'accomplissement des plans de la Divinité, cette action collective devra se faire naturellement,—céder à une force qui, à cette époque finale, sera la force supérieure, poussée juste au degré nécessaire, et permettre ainsi le tassement universel des choses en Unité, unité inévitable parce qu'elle est originelle et conséquemment normale. Il est en vérité fort difficile de concilier toutes ces conditions;—nous ne pouvons même pas comprendre la possibilité de cette conciliation;—néanmoins cette impossibilité apparente est féconde en suggestions brillantes.
Que cette répulsion existe positivement, nous le voyons. L'homme n'emploie et ne connaît aucune force suffisante pour fondre deux atomes en un. Je n'avance ici que la thèse bien reconnue de l'impénétrabilité de la matière. Toute l'Expérience la prouve,—toute la Philosophie l'admet. J'ai essayé de démontrer le but de la répulsion et la nécessité de son existence; mais je me suis religieusement abstenu de toute tentative pour en pénétrer la nature; et cela, à cause d'une conviction intuitive qui me dit que le principe en question est strictement spirituel,—gît dans une profondeur impénétrable à notre intelligence présente,—est impliqué dans une considération relative à ce qui maintenant, dans notre condition humaine, ne peut être l'objet d'aucun examen,—dans une considération de l'Esprit en lui-même. Je sens, en un mot, qu'ici, et ici seulement, Dieu s'est interposé, parce qu'ici, et seulement ici, le nœud demandait l'interposition de Dieu.
Dans le fait, pendant que dans cette tendance des atomes vers l'Unité on reconnaîtra tout d'abord le principe de la Gravitation Newtonienne, ce que j'ai dit d'une force répulsive, servant à mettre des limites à la satisfaction immédiate, peut être entendu de ce que nous avons jusqu'à présent désigné tantôt comme chaleur, tantôt comme magnétisme, tantôt comme électricité; montrant ainsi, dans les vacillations de la phraséologie par laquelle nous essayons de le définir, l'ignorance où nous sommes de son caractère mystérieux et terrible.
Le nommant donc, pour le présent seulement, électricité, nous savons que toute analyse expérimentale de l'électricité a donné, pour résultat final, le principe, réel ou apparent, de l'hétérogénéité. Seulement là où les choses diffèrent, l'électricité se manifeste; et il est présumable qu'elles ne diffèrent jamais là où l'électricité n'est pas développée, sinon apparente. Or, ce résultat est dans le plus parfait accord avec celui où je suis parvenu par une autre voie que par l'expérience. J'ai affirmé que l'utilité de la force répulsive était d'empêcher les atomes disséminés de retourner à l'Unité immédiate; et ces atomes sont représentés comme différant les uns des autres. La différence est leur caractère,—leur essentialité,—juste comme la non-différence était le caractère essentiel de leur mouvement. Donc, quand nous disons qu'une tentative pour mettre en contact deux de ces atomes doit amener un effort de l'influence répulsive pour empêcher cette union, nous pouvons aussi bien nous servir d'une phrase absolument équivalente, à savoir, qu'une tentative pour mettre en contact deux différences amènera comme résultat un développement d'électricité. Tous les corps existants sont composés de ces atomes en contact immédiat, et peuvent conséquemment être considérés comme de simples assemblages de différences plus ou moins nombreuses; et la résistance faite par l'esprit de répulsion, si nous mettions en contact deux de ces assemblages quelconques, serait en raison des deux sommes de différences contenues dans chacun;—expression qui peut être réduite à celle-ci, équivalente:
La somme d'électricité développée par le contact de deux corps est proportionnée à la différence entre les sommes respectives d'atomes dont les corps sont composés.
Qu'il n'existe pas deux corps absolument semblables, c'est un simple corollaire qui résulte de tout ce que nous avons dit. Donc l'électricité, toujours existante, se développe par le contact de corps quelconques, mais ne se manifeste que par le contact de corps d'une différence appréciable.