Dans la voiture, May posa timidement sa main sur celle de son mari.

—Que je suis ennuyée que vous soyez souffrant! On vous aura encore accablé d'ouvrage au bureau.

—Mais non, je vous assure... Puis-je ouvrir un peu la fenêtre? répondit-il, gêné, tout en baissant la glace. Il fixait sur la rue des yeux vagues, sentant près de lui la muette interrogation de sa femme. En descendant de voiture, May prit sa robe dans le marchepied et tomba contre lui.

—Vous êtes-vous fait mal? demanda-t-il en la soutenant de son bras.

—Non, mais ma pauvre robe,—voyez comme je l'ai déchirée! Elle se courba pour ramasser la traîne souillée et le suivit dans le vestibule.

Quand ils furent dans la bibliothèque:

—May, dit Archer, j'ai quelque chose à vous dire, quelque chose d'important...

Il se tenait à quelques pas d'elle, la regardant comme si la légère distance qui les séparait était un abîme infranchissable. Sa voix résonnait d'un accent étrange dans le silence de cette pièce intime. Il répétait:

—J'ai quelque chose à vous dire...

May s'était laissée tomber dans un fauteuil. Elle restait muette, immobile, sans un battement de paupières. Quoique extrêmement pâle, son visage avait une tranquillité d'expression qui semblait venir d'une source secrète.