—C’est parce que je vous aime...

—Alors j’ai le droit d’être écouté. Si vous m’aimez, vous ne pouvez pas me quitter.

Les yeux de Lydia le défièrent:

—Pourquoi pas?

Il lâcha ses mains et se leva.

—Vous le pourriez? dit-il tristement.

Il était tard, la lueur de la lampe vacilla et s’éteignit. Lydia se mit debout avec un frisson et se dirigea vers sa chambre.

V

Au petit jour, un bruit qui se faisait dans la chambre de Lydia réveilla Gannett d’un sommeil inquiet. Il se mit sur son séant, il écouta: elle remuait doucement, comme si elle eût craint de le déranger. Il l’entendit repousser une des persiennes, qui grinça; puis il y eut un moment de silence: il pensa qu’elle attendait de savoir si le bruit l’avait réveillé.

Bientôt elle recommença de remuer. Elle avait eu, sans doute, une nuit d’insomnie, et s’habillait pour aller respirer au jardin. Gannett se leva aussi; mais, par un indéfinissable instinct, ses mouvements étaient aussi prudents que ceux de Lydia. Il se glissa vers la fenêtre, à pas de loup, et regarda par les lames de la persienne.