—Votre place est à côté de moi, comtesse Siviano, dit-il.

Et il la fit asseoir sur la chaise qui se trouvait à côté de la sienne.

Gemma bondit sur ses pieds, mais son mari la força à se rasseoir.

—Jésus, Maria! gémit Donna Marianna.

Roberto porta la main de sa femme à ses lèvres.

—Vous me pardonnez, dit-il, d’avoir pris ce moyen pour vous défendre?

Et se tournant vers Andrea, il ajouta lentement:

—Je déclare ma femme innocente et mon honneur satisfait. Vous jurez de vous en rapporter à ma décision?

Je ne sus jamais ce qu’avait bégayé Andrea ni quelles paroles venimeuses Gemma avait marmottées entre ses dents serrées, car mes yeux demeurèrent fixés sur le visage de Faustina.

Elle s’était laissé conduire par Roberto comme une aveugle, et elle avait écouté son mari avec un visage impassible; mais lorsqu’il eut cessé de parler, le regard de Faustina perdit sa froide rigidité et elle s’appuya silencieusement contre lui. Il l’entoura de son bras, elle glissa à ses pieds, et Marianna accourut auprès d’elle pour la relever. A ce moment nous entendîmes sur le lac un bruit d’avirons et nous vîmes accoster une barque. Quatre forts rameurs du mont Isola venaient emmener le comte à Iseo, d’où il devait partir pour Milan. Son domestique, havresac au dos, frappa à la porte-fenêtre de la terrasse pour l’avertir.