Il trouva dans la bibliothèque, assis au bord d’une chaise, un petit homme tout à fait quelconque, avec une barbiche grise et rare. L’étranger aurait pu être un accordeur de piano ou quelque employé subalterne préposé à l’entretien de la maison. Il regarda Waythorn à travers ses lunettes d’or et dit doucement:
—Monsieur Waythorn, je pense? Je suis le père de Lily.
—Oh! balbutia-t-il, fort gêné.
Il s’arrêta, ne voulant pas paraître mal élevé. Intérieurement, il cherchait à faire accorder le Haskett actuel avec l’image qu’il s’était figuré du premier mari de sa femme. Il se l’était représenté, d’après quelques mots d’Alice, comme un homme dur et violent.
—Je regrette de m’imposer ainsi, reprit Haskett, avec une politesse de petit boutiquier.
—Inutile de vous excuser, répondit Waythorn, se ressaisissant. Je suppose que la garde est prévenue.
—Je le pense; je puis attendre, dit Haskett.
Il parlait sur un ton résigné, comme si la vie avait usé sa force de résistance.
Waythorn restait sur le seuil de la pièce, ôtant ses gants nerveusement.