—Il y a une chose qu’il faut que je vous dise.
Arment continua à la scruter.
—J’aurais pensé, répondit-il, que toute communication de vous à moi aurait pu être faite par nos hommes d’affaires.
—Nos hommes d’affaires! (Elle rit nerveusement.) Je ne pense pas qu’ils puissent être pour moi d’aucun secours.
La figure d’Arment prit l’expression de quelqu’un qui est décidé à ne pas se laisser attendrir.
—S’il est question de secours, bien entendu...
Elle se rappela avoir vu cette même expression sur son visage quand quelque miséreux venait frapper à sa porte avec un livre de quête. S’imaginait-il par hasard qu’elle venait mendier un peu de sympathie comme on vient mendier une aumône? Cette pensée la fit encore sourire. Elle vit le regard d’Arment devenir de plus en plus perplexe. Toutes les transformations qui se faisaient sur son visage étaient lentes, et elle se rappela subitement comme cela l’avait divertie autrefois de changer d’un mot cette pénible mise en scène. Elle se rendit compte pour la première fois qu’elle avait été cruelle.
—Oui, il s’agit de secourir, dit-elle sur un ton plus doux, et vous pouvez le faire en m’écoutant... J’ai une chose à vous dire...
Arment ne cédait pas encore.
—Ne serait-il pas plus facile d’écrire? suggéra-t-il.