—Oh! Seigneur! voilà que j’ai lâché le nom! Que je suis bête! Mais je croyais que vous saviez; je croyais que tout le monde savait. (Elle essuya ses yeux et se redressa fièrement.) Ne saviez-vous pas que c’est lord Trevenna? Moi, je suis Mrs Cope.

Lydia reconnut les noms. Ils avaient figuré dans un enlèvement sensationnel qui avait ému le tout-Londres élégant six mois auparavant.

—Maintenant que vous voyez ce qu’il en est... vous comprenez, n’est-ce pas? continua Mrs Cope sur un ton suppliant. Oui, je savais bien que vous comprendriez; c’est pourquoi je suis venue à vous... Je suppose que lui, il a eu le même sentiment à l’égard de votre mari: il n’a parlé à personne autre, ici. (Son visage redevint anxieux.) Il est horriblement timide, en général: il dit qu’il souffre de notre situation... comme si ce n’était pas à moi d’en souffrir!... Mais quand il est en veine de bavardage on ne peut pas savoir ce qu’il racontera. Je sens qu’il a ruminé quelque chose, ces jours-ci, et il faut que je découvre quoi... il le faut, dans son intérêt. Je lui dis toujours que je ne pense qu’à son intérêt; si seulement il avait confiance en moi!... Mais il a été si drôle, ces jours-ci!... vous m’aiderez, n’est-ce pas, ma chère?

Lydia, qui était restée debout, se détourna, mal à son aise:

—Si vous prétendez que je découvre ce que lord Trevenna a dit à mon mari, je crains fort que ce ne soit impossible.

—Pourquoi impossible?

—Parce que je présume qu’il l’aura dit en confidence.

Mrs Cope la regarda, incrédule:

—Eh bien! qu’est-ce que cela fait? Votre mari a l’air si gentil!... il est clair pour tout le monde qu’il est très épris de vous. Qu’est-ce qui vous empêche de lui tirer les vers du nez?

Lydia rougit jusqu’aux oreilles.