—Elle vous en a menacée?

—Elle m’a laissé le choix de le dire moi-même ou de le laisser dire par elle.

—La gueuse!

Il y eut un long silence. Lydia s’était assise sur le canapé, hors du cercle de la lampe; Gannett s’appuyait contre la fenêtre.

—Quand cela s’est-il passé? Je veux dire: à quelle heure?

Elle lui jeta un regard vague:

—Je ne sais pas... après le déjeuner, je crois. Oui, je me rappelle, c’était vers trois heures.

Gannett revint au milieu de la pièce, et, comme il approchait de la lumière, Lydia vit que son front s’était éclairci.

—Pourquoi me demandez-vous cela? dit-elle.

—Parce qu’au moment où je suis rentré, vers trois heures et demie, on distribuait le courrier, et Mrs Cope attendait, comme d’habitude, pour fondre sur ses lettres: vous savez qu’elle guette toujours le facteur. Comme elle était tout près de moi, je n’ai pu m’empêcher de voir une dépêche qu’on lui remettait. Elle la déchira, jeta un coup d’œil sur le contenu, et fila en coup de vent pour remonter chez elle, tandis que le gérant lui criait qu’elle avait oublié toutes ses autres lettres. Je ne crois pas qu’elle ait un moment repensé à vous après que cette dépêche fut dans ses mains.