— Quitter le bal ! mais, mon ami, c’est la mère de Mary-Ann !

— Calmez-vous, nous la retrouverons. Je vous ferai présenter par le ministre d’Amérique.

— C’est cela. Je vais vous montrer mon oncle Edward Sharper. Je l’ai laissé ici. Où diable s’est-il sauvé ? Il ne saurait être loin ! »

L’oncle Edward avait disparu. J’entraînai le pauvre Harris jusque sur la place du palais, devant l’hôtel des Étrangers. L’appartement de Mme Simons était éclairé. Au bout de quelques minutes, les lumières s’éteignirent. Tout le monde était au lit.

« Faisons comme eux, fit Harris. Le sommeil vous calmera. Demain, entre une heure et deux, j’arrangerai vos affaires. »

Je passai une nuit pire que les nuits de ma captivité. Harris dormit avec moi, c’est-à-dire ne dormit pas. Nous entendions les voitures du bal qui descendaient la rue d’Hermès avec leurs cargaisons d’uniformes et de toilettes. Sur les cinq heures, la fatigue me ferma les yeux. Trois heures après, Dimitri entra dans ma chambre en disant : « Grandes nouvelles !

— Quoi ?

— Vos Anglaises viennent de partir.

— Pour où ?

— Pour Trieste.