M. Lerambert vint apporter les propositions du capitaine:

«Messieurs, dit-il, M. de Marsal n'a jamais tiré le pistolet; M. Fert est de première force. Le seul moyen de rendre les chances égales est de décharger un des deux pistolets; et de tirer au sort à qui l'aura. Les deux adversaires seront placés à cinq pas l'un de l'autre. C'est ainsi que M. de Marsal entend se battre.

—Mais c'est un combat à mort! s'écria Daniel.

—Nous ne le permettrons jamais! ajoutèrent ses deux témoins.

—Alors, répondit M. Lerambert avec une satisfaction visible, le duel est impossible, et l'affaire doit s'arranger.

—Eh! parbleu! dit Daniel, arrangez-la. Je n'ai soif du sang de personne, et je suis tout prêt à pardonner au capitaine les sots compliments qu'il m'a faits.

—Puis-je lui reporter vos paroles, monsieur?

—Assurément, monsieur.»

Voyez à quel point on portait l'oubli des formes et de l'étiquette! Daniel causait sur le terrain avec les témoins de son adversaire.

M. Lerambert dit au capitaine: «Il est de bonne composition, il passe condamnation sur tout ce que vous lui avez dit: l'affaire est à demi arrangée.