— Comme il vous plaira.
— Votre avis?
— Si j'avais l'honneur d'être votre témoin, je vous conseillerais l'épée.
— Pourquoi?
— Parce que c'est une arme intelligente.
— C'est selon l'ouvrier qui la tient… »
Ils arrivèrent ainsi jusqu'à la porte cochère. Lysis donna l'adresse du colonel à Gautripon qui la prit en note, tandis que le valet de chambre en livrée cachait les armes dans la voiture et montait sur le siége auprès du cocher. Gautripon poussa un cri de surprise en voyant son carrosse de louage abandonné sur la voie publique ; mais il ne tarda pas à retrouver ses témoins. MM. Rastoul et Monpain s'étaient lassés d'attendre ; ils prenaient quelques doses de patience chez le marchand de vin le plus proche avec le cocher de grande remise, un vieux brave, aussi fier que les bourgeois, et qui payait noblement sa tournée.
« En route! cria Gautripon. Il s'agit d'arriver les premiers. »
Les trois verres étaient pleins jusqu'aux bords ; en un tour de main, ils furent vides, et le cocher répondit :
« Présent! » avec un salut militaire.