— Vous n'avez jamais causé avec lui?
— Je n'ai jamais pu le joindre ; et notez que j'en meurs d'envie.
— Si vous étiez assez aimable pour venir prendre le thé ce soir avec moi, je vous servirais monsignor Rouquette entre la première et la deuxième tasse.
— Ah! chère madame, vous êtes ma bonne étoile. Figurez-vous que Nadine et moi nous importunons le ciel depuis quinze jours pour qu'il nous envoie monsignor Rouquette. »
Nadine ajouta d'un petit ton dévot : « Ceci nous prouve, maman, que, pour obtenir de Dieu ce qu'on désire, il faut recourir à l'intervention des saints. »
Lorsque Rouquette fut en présence de la générale, il devina aux premiers mots un auxiliaire intéressé et compromettant. Il résolut de s'en amuser et de s'en servir.
Elle crut être fort habile en commençant par le féliciter de la cure qu'il avait faite sur le frère de Lello : de l'aîné au cadet, la transition serait aisée. Mais Rouquette se défendit énergiquement contre les éloges qu'elle prétendait lui faire accepter. « Ce n'est pas moi, dit-il, qui ai guéri le fils aîné du prince Coromila ; tout l'honneur de la cure appartient à Dieu et au bon naturel du malade. La famille Coromila ne périra point par les mésalliances.
— Ah! monsignor, vous me rassurez. On disait que le prince Lello était en grand danger.
— Je vous assure, madame, qu'il se porte le mieux du monde.
— L'air des jardins Feraldi est dangereux le soir, et les pauvres cœurs y prennent la fièvre.