— Davantage. Enfin, puisque j'ai commencé ce diable d'aveu, sachez que mon oncle, bien malgré moi, pour que mon frère ne soit pas seul à ce mariage, a voulu, ne pouvant pas quitter Rome, où il a ses habitudes, me faire partir pour Londres, et il m'a été impossible de refuser. Vous comprenez que si Tolla… »
Il n'eut pas le temps d'achever sa phrase. Toto, le comte et la comtesse s'étaient dressés comme par ressort autour de lui.
« Vous êtes faible, Lello Coromila, dit sévèrement le comte.
— Lâche cœur, cria Toto.
— Elle en mourra! dit la comtesse.
— Écoutez-moi, reprit-il d'une voix émue. Je vous jure que j'aime Tolla et que je l'épouserai. Maintenant écoutez-moi. Mon oncle et mon frère, qui sont toute ma famille, désirent absolument que je fasse ce voyage. Je souffre plus que vous ne sauriez croire à la seule pensée de quitter Rome ; mais je voudrais concilier tous mes devoirs. Si je témoigne de la complaisance à mes parents, je puis compter qu'ils me payeront de retour. J'assiste au mariage de mon frère pour que bientôt il assiste au mien.
— Monsignor Rouquette n'est-il pas de la partie? demanda le comte. Il a obtenu du cardinal-vicaire un congé de trois mois.
— Cela vous prouve, répliqua vivement Lello, que notre absence ne sera pas longue : trois mois au plus, peut-être deux.
— Combien de temps, demanda Toto, a duré son voyage à Venise?
— Je t'assure, mon ami, que l'on calomnie ce pauvre Rouquette. Depuis six mois que je l'étudie sans qu'il s'en doute, j'ai appris à lui rendre justice. Il m'aime, et il se rangera plutôt avec nous contre les miens, qu'avec ma famille contre nous.