Sous ses doigts l’encre tombe en gouttes de lumière,
Faisant éclore au jour toute fleur printanière,
Reflétant à la fois l’or et l’azur du ciel;
Qu’on grave sur tes flancs, merveilleuse écritoire,
Pour éloge, ou devise unique dans l’histoire:
Cinquante ans de critique! et... pas un jour de fiel.
Le vieux critique pouvait être fier de ces témoignages de sympathie. Il en fut surtout très heureux, et, pour remercier les souscripteurs, il adressa la lettre suivante au Directeur de la Gazette de France:
Mon cher ami,
Au moment où va se clore une souscription pour laquelle j’avais redouté un four, avec d’autant plus de vraisemblance que je posais devant mon artiste avec une chaleur de 38°, et qu’avant d’être fondu en bronze, je fondais en sueur, j’ai recours à la Gazette de France pour adresser mes remerciements à qui de droit.
A vous d’abord, et à la Gazette. On prétend que le contenant doit être plus grand que le contenu. Cette fois, ç’a été le contraire. Le buste était contenu dans l’encrier. C’est l’encrier qui a donné à mes amis de Provence l’idée dont ils ont poursuivi l’exécution avec un merveilleux entrain.
A Léopold de Gaillard, qui, dans une page charmante où il lançait l’affaire, a prouvé que l’amitié ressemblait à nos vins de France, d’autant plus généreux qu’ils sont moins jeunes.
Au Prince auguste que sa haute intelligence, son patriotisme, son âme essentiellement française, élèvent au niveau de toutes les fortunes, depuis l’exil présent jusqu’au trône prochain.
A nos saints et vénérables Évêques, qui, au lieu de m’accueillir à coups de crosse, m’ont donné leur bénédiction.
Aux membres éminents de l’Académie française, qui ont voté pour moi sous forme de souscription, et que je ne pourrais remercier dignement que si j’avais de l’esprit comme quatre.