Comme deux bons provinciaux, ils firent leur voyage de noces à Paris, où ils passèrent deux mois dans la mélancolique rue du Mont-Thabor.
De retour à Avignon, à la fin de février 1844, il reprit sa collaboration à la Mode. Marguerite Vidal parut dans les numéros des 25 juin, 5 et 15 juillet 1844. A cette nouvelle succéda, dans les premiers mois de 1845, Napoléon Potard, qui avait presque les dimensions d’un volume.
M. Walsh écrivit à l’auteur qu’il réussissait, que les lecteurs de la Revue étaient ravis, et qu’il ne tenait qu’à lui de se croire un écrivain à la mode (sans italiques). La tentation était trop forte. Au mois d’octobre 1845, Pontmartin se résolut à aller passer l’hiver à Paris.
CHAPITRE VI
LES PREMIÈRES ANNÉES DE PARIS
(1845-1848)
Rue Neuve-Saint-Augustin. Les bureaux de la Mode. Jules Sandeau et le pavillon de la rue de Lille. Contes et Rêveries d’un Planteur de choux. Mme Cardinal et le cabinet de lecture de la rue des Canettes.—La Mode en 1845. Les déjeuners chez Véry. Joseph Méry et ses 365 sujets de roman. Rue de Luxembourg. Mort de Mme Eugène de Pontmartin.—M. François Buloz, Octave et la succession de Gustave Planche. Le jardin de la rue Saint-Benoît, Sainte-Beuve et son article des Nouveaux Lundis.
I
Au moment de son arrivée à Paris, à la fin d’octobre 1845, Pontmartin n’avait pas encore pris de résolution définitive au sujet de son installation dans la capitale. S’y fixerait-il à demeure? N’y ferait-il, au contraire, qu’un séjour plus ou moins prolongé? Dans le doute, il ne voulut pas louer un appartement et se mettre dans ses meubles. Il logea à l’hôtel, rue Neuve-Saint-Augustin. Était-ce à cet hôtel de Richelieu[114], où Lamartine, dans sa jeunesse, ne manquait jamais de descendre, toutes les fois qu’il venait à Paris[115]?