Et tous deux se plongent, avant de manger, dans la lecture d'imprimés immenses, où les raccourcis de la face pâle de la femme, où les raccourcis de la tête de bossu méchant du jeune homme, prennent, sous le gaz, l'aspect effrayant d'un ménage de larves, vivant de correspondances étrangères.
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Mercredi 4 juillet.—L'homme célèbre, qui dévoile une humanité bonasse aux gens, avec lesquels le hasard le met en rapport, perd de son prestige. Les inconnus, comme les domestiques, n'ont d'admiration que pour les gens qui ne les regardent pas comme leurs semblables.
————Il y a, dans la lourdeur qui précède un orage, comme un évanouissement de l'homme et de la nature.
————Un charmant détail de la fabrication des tapis turcs. Il n'est pas rare, quand on les examine de tout près, de découvrir au milieu des laines éclatantes, une petite mèche de cheveux. C'est la mèche de cheveux, que se coupe la femme turque, en son travail à la maison, le jour tombant, pour à défaut d'autre marque, arrêter et se remémorer la tâche de sa journée.
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Mercredi 18 juillet.—Il y a longtemps que je ne me suis mêlé, dans un lieu public, à l'humanité parisienne. Ce soir, au Cirque, je suis frappé de la physionomie de la jeunesse française, de son aspect concentré, triste, rogue. Il n'y a plus sur les jeunes figures, cet éveil, cet air un peu fou, un peu casseur, mais qui se faisait pardonner par l'inoffensivité, et comme par le restant d'une joyeuse et remuante enfance.
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Mardi 24 juillet.—Un voisin de mon dîner de Brébant, un universitaire dont je ne peux jamais me rappeler le nom, me disait qu'en Nubie, on pratique, une opération, retranchant à la femme, les organes de la jouissance, et que grâce au bienfait de cette opération, une prostituée pouvait se livrer à son métier, sans aucune fatigue, et conservait ainsi très longtemps, dans leur fraîcheur, les charmes de sa jeunesse.
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