Paris, 26 novembre, 1890.
Ah! mon cher cousin, que je vous sais gré de vous indigner pour moi, en ce temps de mensonge, de faux commérages et de faux racontars. Tous ces récits de M. de Goncourt sur des dîners, dont il n'avait aucun droit de se faire l'historiographe, sont de complètes transformations de la vérité. Il n'a pas compris, et nous attribue ce que son esprit fermé à toute idée générale, lui a fait croire ou entendre. En ce qui me concerne, je proteste de toutes mes forces contre ce triste reportage…
… J'ai pour principe que le radotage des sots ne tire pas à conséquence…
Et les foudres de cette lettre n'ont pas suffi à l'homme bénin. Ça été, tous les jours, un interview nouveau, où, en son indignation grandissante d'heure en heure, il déclarait:
Le 6 décembre, dans le PARIS, que le sens des choses abstraites me manquait absolument.
Le 10 décembre, dans le XIXe SIÈCLE, que j'avais perdu le sens moral.
Le 11 décembre, dans la PRESSE, que j'étais inintelligent, complètement inintelligent.
Et peut-être M. Renan a-t-il dit bien d'autres choses dans les interview, que je n'ai pas lus.
Tout cela, mon doux Jésus! pour la divulgation d'idées générales du penseur, d'idées générales que tout le monde a entendu développer par lui à Magny et ailleurs, d'idées générales, toutes transparentes dans ses livres, quand elles n'y sont pas nettement formulées, d'idées générales dont il aurait, j'ai tout lieu de le croire, remercié le divulgateur, si le parti clérical ne s'en était pas emparé, pour lui faire la guerre.
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