—Pour haïr vraiment la nature, il faut naturellement préférer les tableaux aux paysages et les confitures aux fruits.

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—Il existe des auteurs qui sont antipathiques autant que des personnes.
Ils vous déplaisent à les lire comme si on les voyait.

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8 août.—Thierry nous racontait que Ponsard, le soir de sa lecture (LE LION AMOUREUX), avait assisté au SUPPLICE D'UNE FEMME, et qu'à la fin, il s'était mis à dire: «II y a de la vie dans cette pièce-là, il n'y en a pas dans la mienne.» Puis il s'était pris à pleurer comme un enfant. Pauvre homme! ces larmes-là, c'est ce qu'il laissera de mieux.

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—La description matérielle des choses et des lieux n'est point dans le roman, telle que nous la comprenons, la description pour la description. Elle est le moyen de transporter le lecteur dans un certain milieu favorable à l'émotion morale qui doit jaillir de ces choses et de ces lieux.

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Dimanche 13 août.—Nous arrivons, en plusieurs voitures, à Saint-Gratien, où la princesse nous a invités à passer quelques jours. Autour de la table du déjeuner sont le comte Primoli et sa femme, Nieuwerkerke, le vieux Giraudet son fils à la tête frisée, à la fine figure de Méphistophélès, Baudry, Marchal, Hébert qui a quelque chose d'un fumiste de l'idéal, Saintin, Soulié, Arago, dont l'anémie met en ce moment une sourdine à sa blague amusante.

On cause de la pièce des DEUX SOEUBS, jouée hier, et absolument chutée, et que la princesse, dans un sentiment de bienveillance pour Girardin, soutient mordicus, et contre tous, être un succès…