19 mars.—Reçu la première feuille de l'HISTOIRE DE MARIE-ANTOINETTE.

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26 mars.—Au Jardin des Plantes… Peu de dépense d'imagination de la part du Créateur. Beaucoup trop de répétitions de formes chez les animaux… Comme nous regardions engloutir une grenouille dans la tête en triangle d'un serpent, et descendre dans son cou à la façon d'un ressort de laiton distendu, une femme, en compagnie de sa bonne, regardait, elle aussi, en détournant les yeux, et criait avec une sensibilité qui faisait du bruit: «C'est affreux!» J'avais à côté de moi la grande marchande de chair humaine de notre temps: Élisa, la Farcy II.

Plus loin, aux herbivores, devant l'hippopotame ouvrant, à fleur d'eau, cette chose rose et immense et informe, cette bouche ressemblant à un lotus gigantesque fait de muqueuses, c'est Vigneron le lutteur.

Voici donc la promenade et la distraction de ces deux débris du monde antique dans la société moderne: l'athlète et la matrulle.

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31 mars.—«Vous ne serez jamais décorés!» C'est ainsi qu'un ami commence le récit suivant: A Biarritz, il y a une bibliothèque de 25 volumes, votre HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LE DIRECTOIRE s'y trouvait. Damas-Hinard dit à l'Impératrice: «Lisez ce livre, un livre nouveau qui vous intéressera.» L'Impératrice prend le livre, se met à le lire, et tout à coup part d'un grand éclat de rire. L'Empereur s'approche, interroge; l'Impératrice lui montre le mot tétonnières appliqué aux femmes du Directoire. L'Empereur regarde, relit, s'assure de l'épithète,—et ferme sévèrement le livre.

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Avril.—Nous feuilletons depuis quelque temps une sage-femme, intéressante comme la portière de l'existence humaine. Le mouvement instinctif du nouveau-né, lorsqu'il sort de son premier domicile, et qu'il est encore oscillant à l'ouverture, ce mouvement, ce premier acte de vie, est de redresser la tête et de la soulever vers la lumière: coelumque tueri jussit.

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