L'homme à la cage écarte le paquet d'épinards qui bouche d'ordinaire la gargouille, et pendant que le traqueur y place sa troublette, lui, passe dans la rainure du conduit la baguette de fer que suit le nez du chien, et le bout du filet s'agite et le traqueur l'élève en l'air, et montre un rat qui sautille, en disant: «Un gaspardo.»
Il a été pris une vingtaine de rats en deux heures.
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—Rien que cela pour le portrait moral d'un bourgeois.
Enfin, c'était une homme qui s'était fait peindre en officier de la garde nationale,—en ballon!
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Mars.—Je trouve aujourd'hui Janin, contre son habitude, extrêmement affecté des attaques de la petite presse. Il s'étend longuement sur les injures à jet continu d'un petit journal autographié, le SANS LE SOU, et que signe un nommé Aubriot, et il ajoute spirituellement: «Oh! mon Dieu, c'est tout simple… il y a dans un pays une somme quelconque d'injures à dire par an, vingt mille… par exemple! Eh bien! dans un gouvernement constitutionnel, ces vingt mille injures se répandent sur le Roi, les ministres, etc. Aujourd'hui, c'est toujours la même somme d'injures à placer… elle ne peut être répartie que sur deux ou trois écrivains comme moi.»
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Lundi 26 mars.—Notre HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LE DIRECTOIRE a paru samedi. Nous passons aujourd'hui chez le vieux Barrière, si paternel pour nous à l'occasion de l'HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LA RÉVOLUTION. Il entre, en tenant deux ou trois feuilles de papier à la main, et nous dit: «Vous venez chercher un article; eh bien! tenez, il est à moitié fait… » Là-dessus, il se met à causer avec nous de la Révolution de 89 et de celle de 48, nous racontant qu'au 15 mai, Mme Barrière, examinatrice aux examens d'institutrices à l'Hôtel de Ville, venait d'écrire sur le tableau une difficulté de participe, lorsqu'on entendit un grand bruit et qu'on lui cria de se sauver. Et la liste du gouvernement provisoire fut écrite au-dessous de la difficulté de participe.
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