20 janvier.—Comme on causait, aux bureaux de l'ARTISTE, de Flaubert, traîné, à notre instar, sur les bancs de la police correctionnelle, et que j'expliquais qu'on voulait en haut la mort du romantisme, devenu un crime d'État, Théophile Gautier s'est mis à dire: «Vraiment, je rougis du métier que je fais! Pour des sommes très modiques qu'il faut que je gagne, parce que sans cela je mourrais de faim, je ne dis que la moitié du quart de ce que je pense… et encore je risque, à chaque phrase, d'être traîné derrière les tribunaux.»

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—Une jeune fille de ma connaissance a eu la plus fraîche, la plus délicate, la plus poétique imagination de coeur. Elle s'est fait un reliquaire de gants: de gants qu'elle portait le premier jour, où elle a donné la main à une personne aimée.

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—Louis m'a dit aujourd'hui:—Au fait, tu sais, je t'aurai peut-être des documents sur le peintre Boucher.

—Comment cela?

—Par sa petite-fille.

—Tu la connais.

—Non, mais j'ai rencontré un médecin qui la soigne d'une maladie, d'une maladie… et à qui elle a donné deux pastels de Boucher qui viennent de sa maison de campagne à Château-Thierry. C'est une femme galante.

La petite-fille de Boucher, femme galante… En effet, c'était un peu dans le sang du peintre des Grâces impures…