* * * * *

Mercredi 21 octobre.—Lu notre pièce: LES HOMMES DE LETTRES, à Paul de Saint-Victor, Mario Uchard, Xavier Aubryet. Le cinquième acte paraît un peu lyrique, et Saint-Victor trouve que la mort de notre homme de lettres est trop une mort de sensitive[1]. Nous nous décidons à le retrancher.

[Note 1: C'est cependant de cette mort de sensitive que mourra mon frère.]

* * * * *

Samedi 24 octobre.—Nous allons remettre notre pièce en quatre actes à Uchard, qui s'est chargé de la présenter avec Saint-Victor au Vaudeville.

* * * * *

Lundi 26 octobre.—Notre pièce commence à grouiller. Elle est annoncée dans l'ENTR'ACTE, le NORD, le PAYS, etc. Ce soir, la PRESSE affirme que nous sommes reçus. Cela commence à nous inquiéter comme un mauvais présage.

Ce soir, au café du Helder, Saint-Victor me dit qu'il a présenté aujourd'hui la pièce à Goudchaux, et qu'il doit avoir la réponse, mercredi.

* * * * *

Mardi 27 octobre.—Passé à l'ARTISTE. Les réclames autour de notre pièce—reçue dans les journaux seulement, hélas!—mettent l'ARTISTE à mes pieds, Aubryet me salue comme un succès, m'adresse la parole comme à un grand homme, et moi-même, je me mets à lui parler comme du haut d'un piédestal. Mille propositions de courriers de Paris, de biographies, etc., etc.