Jeudi 21 août.—Evans le dentiste racontait à une de mes parentes, que les femmes, dans l'émotion de leur visite chez lui, oubliaient les choses les plus invraisemblables, quelquefois des lettres compromettantes,—compromettantes comme tout—tombées de leurs poches.
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Dimanche 24 août.—Une femme demandait ce printemps à un gardien du bois de Boulogne, s'il n'allait pas pleuvoir. Le gardien regardait en l'air: «Oh! vous pouvez continuer à vous promener, il y a encore de quoi faire une culotte de suisse!» Il faisait allusion au bleu qui était dans le ciel.
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Mercredi 3 septembre.—Dans les parfums, l'Anglais introduit toujours du musc, et il en fait des parfums de sauvages, des parfums de Saxons. Ces odeurs canailles et migraineuses, qu'on les compare avec ce qu'était la senteur d'une chemise de femme autrefois: l'odeur suave à peine perceptible du véritable iris de Florence, sans addition et immixtion d'autre chose puant bon.
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Lundi 8 septembre.—Le soir, quand vous êtes assis à une table de café, le défilé sur le boulevard, ce défilé incessant, continu au bout de quelque temps d'attention, n'a plus l'air d'un défilé de vivants. Ça ressemble au passage mécanique de personnages d'un écran, un passage de silhouettes découpées qui n'ont pas d'épaisseur.
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Samedi 13 septembre.—Du coin de mon cabinet de travail, pendant que j'écris, j'ai devant moi, sur la porte de mon cabinet de toilette et dans la pénombre, une courtisane d'Hokousaï sous une robe semée de grues volantes, et par cette porte entr'ouverte, tout au fond de ma chambre à coucher, un meuble en laque aux faucons argentés, et au-dessus un grand vase céladon, aux reliefs blanc et or, se détachant d'une tapisserie crème, représentant une bergerie du XVIIIe siècle: un trou lumineux tout plein de couleurs et de clartés charmeresses.
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