Jeudi 3 novembre.—Quel singulier phénomène, que celui qui rend un auteur complètement dupe de ce qu'il imagine, avec tous les tâtonnements de l'imagination! C'est ainsi qu'aujourd'hui je pleure et étouffe un peu—étant toujours pris par la tousserie—en composant une scène de GERMINIE LACERTEUX.
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Mardi 8 novembre.—Aujourd'hui, ça ne va pas bien du tout. Je suis forcé de faire venir le docteur Malhené, qui trouve à mon rhume le caractère d'une forte bronchite.
Je fais quelques changements à mon testament, et je le lis à Daudet, mon exécuteur testamentaire, qui n'en avait pas encore connaissance.
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Jeudi 24 novembre.—Pillaut parlait curieusement ce soir, du son de la voix des anciens violons et violes d'amours, qui n'est pas une voix de gorge mais plutôt une voix de baryton: une voix un peu nasillarde.
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Lundi 5 décembre.—Avec l'élection de Sadi Carnot, c'est la tyrannie de la médiocratie qui commence, une tyrannie qui ne voudra plus à la tête du gouvernement d'un homme ayant une valeur, qu'il soit Ferry ou tout autre.
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Dimanche 18 décembre.—On pousse la porte du grenier… c'est Burty redivivus, tristement redivivus.