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Dimanche 17 mai.—Berendsen aurait révélé à Huysmans, l'espèce d'adoration littéraire, qu'on aurait pour moi, en Danemark, en Botnie et autres pays entourant la Baltique, des pays où tout homme frotté de littérature qui se respecte, ne se coucherait pas—toujours au dire de Berendsen—sans lire une page de la FAUSTIN ou de CHÉRIE.

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Vendredi 22 mai.—Drôle de peuple que le peuple français! il ne veut plus de Dieu, plus de religion, et vient-il de débondieuser le Christ, il bondieuse Hugo et proclame l'hugolâtrie.

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Jeudi 28 mai.—Une maison avoisinant le parc Monceau, une maison en reconstruction, aux pièces toutes vides, et où il n'y a d'habitable, qu'une salle à manger, garnie de pièces d'argenterie anglaise, de haut en bas. Dans le jardinet, la carcasse en fer d'un jardin d'hiver, dans lequel travaillent cinq ou six ouvriers.

Au milieu des décombres, voletant effarée, une cigogne, salie, noircie par la terre de bruyère, formant une petite montagne au pied de la serre. Et dans le fond du jardinet, une femme, une troublette à la main, pêchant dans le fond d'un tonneau, coupé par le milieu, des ablettes, et les jetant à Luce—c'est le nom de la cigogne, qui les attrape au vol.

Ça, c'est le domicile présent de Léonide Leblanc, qui m'a demandé à faire faire mon portrait par un peintre de ses amis, sur un album, qu'elle veut consacrer à la littérature, et qu'elle commence par l'auteur d'HENRIETTE MARÉCHAL.

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Lundi 1er juin.—Cette kermesse me dégoûte, et je remercie mon état de souffrance, qui me permet de ne pas m'y mêler. Il me semble que la population parisienne, sevrée des fêtes qu'elle aime par la République, a remplacé la promenade du Bœuf gras, par les funérailles de Hugo.