Lundi 21 mars.—On causait aujourd'hui des périls, auxquels est exposé le bonheur des femmes, mariées à des peintres portraitistes.

Là-dessus, la jolie Mme… se trouvant là, disait: «Moi, je fais un peu la police!»

Et elle racontait, que, tout dernièrement, une femme de la meilleure société, ayant deux enfants, au milieu de la pose, s'était couchée sur un divan, et s'était mise à dire de telles choses, que sortant de derrière un rideau, où elle était cachée, elle lui avait dit: «Madame, après la conversation que vous venez d'avoir avec mon mari, vous n'avez qu'à mettre votre chapeau, et à vous en aller.

—Bon! répondait la femme du monde à la femme du peintre, vous croyez peut-être que je suis amoureuse de votre mari.

—Non pas de mon mari… mais du vice… Allons, ouste!»

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Samedi 26 mars.—Ce soir, passé la soirée sur la scène de l'Odéon, à voir jouer GERMINIE LACERTEUX, tantôt assis sur la cheminée de la chambre de Mlle de Varandeuil, tantôt sur le lit d'hôpital de Germinie, tout en causant avec Guenon, qui me fait remarquer sur un morceau de papier blanc, collé sur un portant, la désignation des tableaux de la pièce en la dénomination des machinistes, et où les trois tableaux, où Mlle de Varandeuil joue le rôle principal, portent le titre: La vieille.

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Samedi 2 avril.—Le vrai bon théâtre, c'est une émotion ou une gaîté procurée n'importe comment. Et ils existent des gens qui, dans leurs feuilletons, font des traités sur le véritable art dramatique,—eux qui admirent à la fois Molière et Scribe, les fabricateurs les plus dissemblables dans la composition d'une pièce.

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