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Vendredi 29 avril.—Les observateurs doivent reconnaître au pas, des agents de police en bourgeois, oui, à ce pas tranquille, régulier, cadencé, qui est le pas des sergents de ville.
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Samedi 30 avril.—Quand on commence à collectionner, devant le nombre des objets qu'on trouve, au commencement de sa chasse et de sa recherche, on croit que la matière est inépuisable, qu'il y en aura toujours chez les marchands. Non, on se trompe, et il n'y en a plus sur le marché, au bout de très peu de temps. En effet depuis bien longtemps, bien longtemps, des gravures françaises du XVIIIe siècle, dont il y avait des cartons bondés sur tous les quais, il n'existe plus que celles, classées dans les collections. Et les belles impressions japonaises, depuis tout au plus une douzaine d'années qu'on les recherche, c'est fini d'en trouver chez Bing et Hayashi, et il me semble même que malgré tous leurs efforts, ils n'en peuvent plus découvrir au Japon.
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Dimanche 1er mai.—Aujourd'hui, où l'on ne sait pas si la société française «sera mise à cul» et si un gros morceau de Paris ne sera pas dynamité, l'heureux Poitevin fait son entrée chez moi, tout réjoui, tout hilare, tout rayonnant de l'enfantement de trois ou quatre épithètes, disant à ce propos, assez éloquemment, qu'il n'y a de synonymes que pour les âmes non nuancées, et avec ces épithètes, il m'apporte la primeur de cette phrase: «Le signe de la croix inscrit sur la personne humaine les quatre points cardinaux de l'espace spirituel, dans la rose des vents de la destinée humaine.»
Je traverse en sortant de mon Grenier, les Champs-Élysées. Un désert où passent des voitures vides. Paris semble avoir été dépeuplé par une peste.
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Mercredi 4 mai.—De Béhaine disait, rue de Berri, que le pape répondait à quelqu'un, lui demandant ce qui l'amusait encore: «La lecture d'une belle page de Cicéron!»
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