Lundi 19 juin.—C'est absurde, ce ferment batailleur qu'il y a en moi, avec cette impressionnabilité du système nerveux, qui dans les imaginations de la nuit et de l'insomnie, à propos des choses les plus simples, me fait entrevoir les complications les plus malheureuses, les conflits des plus violents.
Ce soir départ de Vichy.
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Lundi 26 juin.—À l'exposition des portraits des Journalistes et des Hommes de lettres.
Un portrait de Villemain, par Ary Scheffer, d'un modelage admirable. Je n'aurais pas cru Ary Scheffer, un portraitiste de cette science. Quand on compare ce portrait au portrait de Guizot par Delaroche, Delaroche paraît un bien pauvre peintre.
Une parenté dans la construction de la tête de Chateaubriand et de
Lamartine, tels que nous font voir les deux écrivains, les deux peintres
Guérin et Decaisne.
Un curieux portrait que celui de Proudhon, se promenant au bord de la mer, par Tassaert. C'est le peintre qui a été le dernier continuateur de la couleur anglaise, importée par Delacroix, dans le MASSACRE DE SCIO.
Le jeune Philippe Sichel racontait, qu'il avait disséqué le matin, une jambe de frotteur, la jambe sur laquelle il posait, dont toutes les veines étaient variqueuses, et avec des varices, comme jamais on n'en avait vu. Et il me parlait de viciations organiques amenées par chaque état chez les individus, des tumeurs séreuses au-dessus du genou des cordonniers, là, où ils martèlent les chaussures, des tumeurs séreuses des religieuses au-dessous du genou, là où elles s'agenouillent, etc., etc.
Je rencontre ce soir, montant en voiture le ménage Forain, la femme très coquettement enrubannée, le mari terriblement pâle. Il m'annonce qu'il va partir pour Plombières, qu'il souffre d'affreux maux d'estomac. J'avais envie de lui dire, que ça se voyait bien dans ses légendes.
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