—«Mal… cela va mal!» C'est sa première phrase.

—Mais pourtant les médecins…

—Qui, les médecins? répond-il, avec une note colère dans la voix, je n'ai plus de médecins, ils m'ont abandonné!… D'Alton-Shée m'a donné Johnston… Phillips a été très gentil, mais c'est pour la chirurgie… peut-être y viendrai-je demain… je ne peux plus maintenant passer trois heures sans me sonder… et puis je vais sur le vase… et des minutes à me tordre… des spasmes de vessie… oh, affreux!»

Et il entre dans tout le détail technique de son horrible maladie, parlant du pus qu'il rend par l'anus, comme s'il voulait, en appuyant sur les dégoûts qu'il a de lui-même, désarmer le dégoût des autres… Il nous paraît désespérément résigné… Un moment il reprend haleine, puis nous dit: «Je me fais encore lire… mais à bâtons rompus… vous comprenez… je ne peux plus assembler mes idées.» Un silence. Et le mot: «Adieu» et il nous retend les deux mains, retournant la tête au mur.

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ANNÉE 1868

1er janvier.—Allons, une nouvelle année… encore une maison de poste, selon l'expression de Byron, où les Destins changent de chevaux!

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2 janvier.—Avant-hier on nous a rapporté la copie de notre pièce sur la Révolution. Nous en avons presque peur instinctivement, comme d'une chose d'où va sortir l'infernale angoisse des émotions du théâtre.

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