—En descendant, ce soir, l'escalier de la princesse, Théophile Gautier, nommé bibliothécaire de Son Altesse, m'adresse cette question: «Mais au fait, dites-moi, en toute sincérité, est-ce que la princesse a une bibliothèque?—Un conseil, mon cher Gautier, faites comme si elle n'en avait pas.»

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—La femme, quand elle est un chef-d'œuvre, est le premier des objets d'art.

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26 novembre.—A propos de l'éducation religieuse, une chose m'intrigue. Les enfants que promènent les pions ont l'aspect triste d'une bande de petits prisonniers, les enfants qui se promènent avec des abbés ou des frères ignorantins, ont l'air d'être contents, comme s'ils allaient avec de grands camarades.

—J'ai ici un jardinier bizarre, homme mélancolique et agreste, ouvrier de tous métiers, et mari souffre-douleur d'une maîtresse de piano, exerçant dans la banlieue, et riche avec cela d'une potée de progéniture. L'autre jour il mettait notre vin en bouteilles, aidé d'un gandin à l'air humilié, et rinçant les bouteilles avec un faux diamant au doigt. Il nous dit que c'est son fils, arrêté par des migraines dans une vocation de peintre en bâtiment, tourné au théâtre, jouant dans les localité riveraines de la Seine, et peut-être appelé prochainement aux Variétés.

Il nous a fourni pour tapissier un de ses amis, un long et maigre vieillard, à la tête de renard et de vieux marquis, habillé d'un antique habit de chasse en velours, et apportant ses outils dans un sac de voyage; un tapissier mystérieux et déclassé, avec de l'ombre dans sa vie, et qui paraît sortir d'un roman humanitaire de George Sand.

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—Que je voudrais donc bien dîner à Compiègne, à la table des domestiques.

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