[140: D'Argenson rapporte que madame de Mazarin, son amant du Mesnil, et leur conseil, l'abbé de Broglie, hasardant devant la Reine des projets de régence, Marie Leczinska répétait: «Ah! quel malheur si une telle perte arrivait!» et cela jusqu'à ce qu'au bout de ses exclamations elle laissa échapper tout bas et dans un soupir: «Pour la régence, je ne l'aurai pas!» Ces entretiens qu'on ébruita ne furent jamais pardonnés à la Reine par le Roi.]
[141: Mémoires de d'Argenson, édition Renouard, t. II]
[142: Le Roi, ayant vu à Rambouillet chez la comtesse de Toulouse la marquise d'Antin, l'avait trouvée fort jolie. Le soir, à un souper des cabinets, madame de Mailly, lui jetait tout à coup: «Sire, on dit que vous avez vu madame la marquise d'Antin et que vous l'avez trouvée charmante!»—Point du tout, répondait le Roi qui cherchait à se dérober, et était obligé, quelques instants après, de dire à la duchesse d'Antin: «Votre belle-sœur avait une coiffure qui lui seyait bien mal.»]
[143: Il arrivait parfois cependant à madame de Mailly d'éprouver des refus sur ce qui lui tenait le plus au cœur: la publicité de sa liaison avec le Roi. C'est ainsi qu'en septembre 1739, mademoiselle de Charolais et madame de Mailly faisaient l'impossible pour que le Roi allât au bal de l'Hôtel-de-Ville. Le projet de ces dames était de se mettre aux côtés de Sa Majesté, à la fenêtre qui donne comme une tribune sur la grande salle du bal et de se démasquer sous prétexte de la chaleur aux yeux de tous. Madame de Mailly s'entêtait à ce que le Roi y vînt, elle répétait: «Mais, Sire, ce pauvre M. de Gesvres, mais ce pauvre M. le prévost des marchands qui s'est donné tant de peine pour vous recevoir! Au moins, Sire, que ce soit pour l'amour de moi.» Mais le Roi, qui était au fait du projet de sa maîtresse, s'y refusa. En vain Mademoiselle fit cent singeries, composa un placet, l'attacha à un rideau par une épingle en disant au Roi: «Sire, vous ne lisez pas les placets qui vous sont présentés.» Le Roi répondait: «Je sais ce qu'il contient, j'y mets néant dès à présent.» Le soir, madame de Mailly toute masquée, sa chaise attelée, son relais préparé à Sèvres, le duc de Villeroy venait lui dire que le Roi n'irait pas au bal et qu'il avait défendu de lui remettre la clef de l'appartement du Roi à l'Hôtel-de-Ville, dans le cas où elle voudrait aller au bal sans lui. Et madame de Mailly, ainsi qu'elle le racontait au duc de Luynes, était obligée de se démasquer, de renvoyer sa chaise, de se coucher.]
[144: Mémoires du duc de Luynes, t. II et III.]
[145: Mémoires du marquis d'Argenson. Édition Renouard, t. I.—Madame de Mailly avouera plus tard qu'elle avait cédé à des besoins d'argent, qu'elle n'aimait pas le Roi, et que l'amour ne s'était déclaré chez elle qu'au bout de quelques années.]
[146: Mémoires de d'Argenson, édition Renouard, t. I.]
[147: Mémoires de d'Argenson, t. II.]
[148: Guérapin de Vauréal, petit-fils d'un mercier qui avait acheté une charge d'auditeur des comptes, possesseur d'une très-jolie figure et entré dans les ordres, débutait par être surpris en conversation criminelle à Marly avec la comtesse de Poitiers, dame d'honneur de la duchesse d'Orléans, ce qui le faisait surnommer coadjuteur de Poitiers. Il était aimé ensuite par la marquise de Villars et la duchesse de Gontaut, dont la jalousie à son sujet éclata dans des chansons où les deux rivales se dirent toutes les méchancetés possibles.]
[149: On voit, pendant ce temps, Mademoiselle se faire la garde-malade de madame de Mailly. La maîtresse a-t-elle un rhume, est-elle obligée de garder le lit? Mademoiselle passe chez elle toutes les après-midi, et se fait apporter dans sa chambre son souper.]