[150: «On dit que le sujet de la brouillerie de M. le Cardinal,—c'est Barbier qui parle,—vient de ce que Mademoiselle avait tant pressé et tourmenté le Roi pour renvoyer M. Amelot et pour donner la place de secrétaire d'État à M. de Vauréal, évêque de Rennes, que le Roi lui en avait donné sa parole. Il faut observer que le public critique donne ce Monseigneur pour amant à cette princesse et que c'était bien là le plus court chemin pour obtenir un chapeau de la cour de Rome et pour prétendre à la place de premier ministre. M. le cardinal de Fleury, instruit du fait, alla trouver le Roi, se déchaîna contre la princesse, lui remontra que cela était non-seulement contraire à ses intérêts, mais scandaleux. Le Roi lui répondit qu'il avait donné sa parole et qu'il le voulait. Sur cela le Cardinal prit congé du Roi et donna ordre à toute sa maison de partir sur le champ pour Issy. M. le duc d'Orléans a pris parti dans cette affaire et, avec l'autorité de la religion, a fait entendre au Roi que de pareilles paroles ne l'engageaient en rien. Il l'a déterminé à n'en rien faire; et il a engagé, d'un autre côté, le Cardinal à revenir prendre sa place à Versailles, de sorte que Mademoiselle piquée au cœur ne voulait point aller à Fontainebleau.»]
[151: Mémoires de d'Argenson. Édition Renouard, t. II.]
[152: Les amours du Cardinal consistaient en une liaison sans doute très-chaste, mais très-intime et très-suivie avec madame de Lévis, qu'on savait souvent dîner en tête-à-tête avec le vieux Fleury dans une maison de campagne à Vaugirard. C'était cette madame de Lévis, un esprit sage et éclairé, capable d'entrer dans les plus grandes affaires et d'un secret impénétrable. L'homme d'église consultait cette femme supérieure pour le maniement et la cuisine des plus délicates choses du gouvernement laïque d'une monarchie toujours gouvernée par une favorite.]
[153: C'est encore madame de Mailly qui disait un jour au Roi auquel elle demandait une grâce et qui répondait qu'il en parlerait au Cardinal: «Ne vous déferez-vous jamais de ce tic?»]
[154: Mémoires du maréchal duc de Richelieu, par Soulavie, t. V.]
[155: Récit fait par madame de Flavacourt à Soulavie. (Mémoires historiques et politiques du règne de Louis XVI, par Soulavie, Paris 1801, t. I).]
[156: Mémoires du maréchal duc de Richelieu, t. V.]
[157: «Elle avait de l'esprit, mais aussi brut qu'elle l'avoit reçu de la nature, sans éducation, sans acquit, sans connoissance.» (Mémoires du duc de Luynes, t. VII. Petite notice sur la Vintimille, page 102.)]
[158: Le duc de Luynes écrit à la date du 26 décembre 1738: «Versailles.—Mademoiselle de Nesle est ici depuis quelques jours c'est madame de Mailly qui en prend soin.»]
[159: Le duc de Luynes dit: «Madame de Mailly ne voit que mademoiselle de Nesle de toutes ses sœurs, les trois autres sont toujours chez madame de Mazarin.» Il n'y avait chez madame de Mazarin que madame de Flavacourt et madame de la Tournelle; la troisième sœur, appelée Montcarvel, mariée plus tard a M. de Lauraguais, demeurait chez madame de Lesdiguières.]