[433] Correspondance secrète, vol. XVI.—Mémoires de Marmontel, vol. I.
[434] Voici le récit de Rétif dans M. Nicolas ou le Cœur humain dévoilé: «Je trouvai ma pauvre amie dans un profond accablement. Elle étouffait. Cependant elle sourit en me voyant: elle me prit la main, et me dit: «Ce n'est rien.» Je la crus..... Je l'embrassai. Elle me sourit encore. On m'apporta ce qu'elle devait prendre. Elle le reçut de ma main et le reçut avec une sorte d'avidité. Je dis que je ne la quitterais pas..... Zoé resta seule avec moi..... Dès que nous ne fûmes que nous trois, ma jeune amie voulut avoir sa tête sur mon cœur et elle dit qu'elle respirait mieux. Je me découvris la poitrine et je l'y plaçai... Elle parut s'endormir. Peut-être s'assoupit-elle. Elle m'aimait si tendrement que son âme comblée ne sentait plus la souffrance. Je restais ainsi; j'étais immobile, craignant de faire le plus léger mouvement. Vers les trois heures du matin, nous voulûmes lui faire prendre quelque chose. Elle ne put avaler. Alors Zoé, qui se connaissait en agonie, m'embrassa vivement et voulut m'obliger à poser la tête de mon amie sur l'oreiller. «Non! non!» répondis-je vivement. La malade me regarda. Ce fut son dernier regard..... Elle me baisa la main. Je collai ma bouche sur ses lèvres décolorées. Elle poussa un grand soupir... que je reçus... C'était son âme... Elle me la donna tout entière.»
[435] Le Transport des filles de joye à l'hôpital, par Jeaurat, gravé par Le Vasseur.
[436] Il y a des plaintes très-vives dans ce temps sur ce qu'il ne restait plus rien d'afflictif dans la peine, et que la police, par l'adoucissement des punitions, semblait faire elle-même tout ce qu'il fallait pour ôter la honte inséparable du châtiment; on s'indignait de ce que les condamnées à l'hôpital, qui avaient autrefois la tête rasée, qui étaient habillées d'une robe de serge, qui étalent logées dans la chambre commune, qui étaient presque au pain et à l'eau, qui étaient assujetties à un travail manuel, trouvaient la plupart le moyen de s'exempter de la coupe des cheveux, obtenaient des chambres particulières, se nourrissaient comme elles voulaient, échappaient au travail forcé. (Représentations au lieutenant général de police.)
[437] Correspondance inédite de Mme du Deffand, vol. I.
[438] Journal manuscrit de la Régence. Bibliothèque impériale. S. F. 1886. Le manuscrit dit qu'en une seule fois on mariait, dans l'église du Prieuré de Saint-Martin-des-Champs, 180 filles avec autant de voleurs tirés des prisons.
[439] Théâtre de Marivaux.
[440] Essai sur le caractère et les mœurs des François comparés à celles des Anglois. A Londres, 1776.
[441] Correspondance de Mme du Deffand avec d'Alembert, etc. Paris, 1809, vol. II.
[442] Portraits intimes du dix-huitième siècle, par Edmond et Jules de Goncourt.