Coriolis fit un pas vers elle, un pas terrible qui lui fit dire:—Oui, monsieur…
Quand toutes les toiles furent descendues, Coriolis s'assit devant le poêle, l'ouvrit, y jeta une toile, la regarda brûler. Il prit une autre toile, l'arracha de son châssis. Manette, qui s'était levée, voulut la lui retirer des mains.
—Allons, mon cher,—lui dit-elle avec son petit ton supérieur,—vous avez assez fait l'enfant… En voilà assez…
Coriolis saisit le poignet de Manette. Elle cria. Coriolis ne la lâcha pas, et la serrant toujours, il la mena jusqu'au divan, et là, de force, il la fit tomber dessus, assise, brusquement.
Puis il revint au poêle, arracha d'autres toiles, les jeta dans le feu. Il regardait le tableau plein d'huile et de couleurs qui se tordait,—puis Manette.
Un moment Manette fit un mouvement pour sortir.
—Restez là!—lui dit Coriolis, ou je vous attache avec une corde…
Et lentement, avec un visage qui avait l'air de jouir de ce sacrifice et de cette agonie de ses œuvres, il se remit à brûler ses tableaux. Quand le dernier fut consumé, il tracassa lentement ce qui restait du tout, une espèce de morceau de minerai, le résidu du blanc d'argent de toutes les toiles brûlées; puis, prenant cela entre les tiges de la pincette, il alla à Manette et le lui jeta brutalement dans le creux de sa robe.
—Tenez! voilà un lingot de cent mille francs!—lui dit-il.
—Ah!—fit Manette avec un saut de terreur qui fit glisser à terre le lingot au bas de sa robe brûlée,—me brûler!… Il a voulu me brûler!