—Es-tu content? Ça va-t-il?

—Oui… Et toi?—fit Anatole surpris de cette tendresse inaccoutumée de Coriolis.

—Moi? Ah! moi… je deviens raisonnable…—dit-il d'une voix sourde.—Tu comprends bien, mon ami, quand il y a un homme d'intelligence, il faut qu'il se trouve une femelle pour lui mettre la patte dessus, le déchirer, lui mordre le cœur, lui tuer ce qu'il y a dedans, et puis encore ce qu'il y a là… et il se toucha le front,—enfin le manger!…—On a toujours vu ça… Ça arrive tous les jours… Et il faut vraiment être bien enfant pour s'en plaindre… c'est ridicule…

Il jeta cela avec une ironie presque sauvage.

—Je sais bien… il y un moyen de casser ces machines-là…

Ses mains firent devant lui le mouvement nerveux et enragé de serrer, comme des mains qui étranglent.

—Oui, il faudrait des choses… pas bien… Il faudrait… des meurtres… Ah! dans le temps!…

Ses yeux brillèrent; une lueur féroce y passa, dans laquelle Anatole retrouva le feu fauve des colères de jeune homme de son ami. Mais aussitôt cela tomba.

—Maintenant, je suis une…

Et il dit un mot ignoble.