Oh! pour un, n'est-ce pas, Messieurs? Je suis pleine jusque-là.
INDIANA.
Pour un? Vous êtes cinq!--Vous me faites mal, la mère!
CHŒUR.
Pour trois! et sortez, Indiana.--Ah! ça, Madame Alcide, est-ce que la roue de la Fortune n'a pas arraché du Château de vos bras pour le porter au sommet d'une haute position?
MADAME ALCIDE.
Je crois bien. Il est quelque chose comme qui dirait ministre. Ah! il a fait son beurre! Il est au pinacle. Voilà qu'il me revient une histoire là-dessus. Figurez-vous, je dînais cet hiver au Grand-Turc. Beaucoup de monde était à regarder un beau domestique, mais très-bien, qui avait une livrée avec des galons d'or, un bel homme et qui faisait son important. Je le fixe, et je reconnais cet homme. Ça l'étonne que je le regarde comme ça. Je lui dis: «Connaissez-vous M. du Château?» Il me dit: «Oui. Je suis le valet de pied de l'empereur son maître.» Et en me toisant il me demande si je le connaîtrais? «Oui, je fais tout haut, et même intimement. J'ai été sa maîtresse pendant trois ans.» Cet homme se lève du coup et me dit: «Vous avez été la maîtresse de M. du Château?»--«Même, que je lui dis, que je vous connais bien, et que quand vous êtes venu parler à M. du Château de la part de votre maître, et apporter une lettre rue de Laval, vous vous êtes assis à gauche en entrant, sur une banquette.» Voilà cet homme qui voit bien que je l'ai connu, qui m'offre le café, et qui me dit que je devrais m'adresser à M. du Château pour avoir quelque chose. Il me dit que justement il y a dans la maison de l'empereur une place vacante de femme de la garde-robe, ça rapporte cinquante sous par jour...
CHŒUR.
Femme de la garde-robe? Expliquez-vous, Madame Alcide.
MADAME ALCIDE.