Le vin de la marâtre

Qu'elle met dans son eau.

Vite du giron de la servante décolletée, les épaules au vent, la chemise aux hanches, monte avec la fumée blanchâtre des fagots une ronde d'effrontés parpaillots qui embrassent et cajolent la servante, et grimpent boire le vin jusque sur le manteau de la cheminée. Bientôt voilà Buisson qui enfourche le balai, comme Penguilly; le fantastique le visite; et voilà les eaux-fortes de minuit. Tantôt c'est un cavalier fort maigre, et vêtu de noir, qui chante des séguedilles à la nymphe de l'Arnette; tantôt c'est un burg au haut d'un mont, soutenu par des consoles humaines; deux petits bonshommes grotesquement accoutrés sonnant de l'olifant, poussent avec leurs montures jusqu'au château magnifique, et dans un coin est accroupi, les coudes aux genoux et les mains aux oreilles, un petit Belzébuth cornu, grand comme l'ongle.--Eaux-fortes étranges, d'un ton roux qui rappelle l'encre rougie par le temps des dessins à la plume du Guerchin et du Vinci.

Que Levavasseur, après avoir lu une parade de Dominique, fasse Pierrot couveur et roi, Buisson regarde une image de Watteau, et lui fait deux Pierrots: Pierrot pendu, la lune le regardant:

Je n'aurais cru d'avance

Qu'on pût être si bien au bout d'une potence.

Que de sots préjugés on a sur terre, hélas

Quand on voit en passant ces choses--là d'en bas!

Puis Pierrot en collerette, son serre-tête noir un peu passant sous sa coiffe blanche, et faisant à deux mains un mémorable pied de nez; ceci est pour l'épilogue:

Tes dix doigts allongeant ton nez original