Nargueront le public dans un lazzi final.
Levavasseur raconte-t-il, en bon Normand, la vie de Corneille, Buisson ne manque, comme vous imaginez, si belle occasion de portrait.
Ici le fabuliste Prarond a le Cavalier et le cheval à faire sauter un fossé. Buisson se rappelle les fuites rapides, les croupes qui s'effacent, les cavaliers couchés à l'avant, les queues droites à l'horizon, les chevauchées tempétueuses, toute cette furia équestre qu'il livrait en ses heures de fièvre à des panneaux oubliés; il enlève d'un bond la fable de Prarond, et, la tête échauffée, sur un coin de la même planche, il jette pour l'ami Levavasseur une houle impétueuse de cavalerie tournoyante avec le mouvementé d'un Maturino dans un défilé du Guaspre. Dans ce griffonnis le Cid fait rage de la vieille épée de Murdora le Castillan. Écoutez le Romancero: «Il défit tous les Mores, prit les cinq rois, leur fit lâcher la grande prise et les gens qui allaient captifs.»
Buisson est allé en Normandie. Il a rapporté de la lande de Laugé de solides études, de véritables études normandes; il a rapporté «les chemins verts, les mares perdues dans l'ombre du soir, les ciels verts, la prime verdure d'avril sur les haies et sous les futaies, les nappes vertes des prés déroulées sous les bois, les tons bleus et violets si légers des arbres qui vont ouvrir leurs premiers bourgeons». Mais le pays de Goya l'appelle, et en l'automne de l'an 1845 son ami Levavasseur lui écrit:
Monsieur
Buisson, peintre français, fonda de las Naranjas, calle de Jovellanos.
C'est donc vrai, le soleil a des rayons étranges
Qui naturellement font mûrir les oranges!
Vous qui n'en aviez vu comme moi qu'au bazar,
--Enfants emmaillottés dans un papier de soie,