En ce kakémono, certainement un des plus soignés, et des plus parfaits du maître, Hokousaï a cherché une opposition entre la finesse de la linéature, pour ainsi dire graphique, faisant le contour des mains, du visage, du sein, de la cuisse, du pied, et le ton neutre et le lavage un peu brutal de la robe. Signé: Gwakiôjin Hokousaï. H. 97.—L. 32. Collection Haviland.

Au-dessus d'une cascade, au milieu de fleurs de cerisier, un aigle, le corps ramassé, la tête tendue et projetée en bas comme s'il s'apprêtait à fondre sur une proie. Peinture au cruel dessin de la tête, au solide noir et au beau fauve de la plume hérissée, et comme soulevée par l'instinct carnassier. C'est la même étude mais, je crois, plus poussée que celle de l'aigle pris à Sounamoura, en 1848, et qui est dans la collection de M. Hayashi. H. 106.—L. 54. Collection Manzi.

Sous la pleine lune, une courtisane en marche vers la droite; elle est
dans une robe de dessous jaunâtre étoilée de fleurs rouges, sur laquelle
est rabattue une robe de dessus bleuâtre décorée de glycines blanches.
Signé: Gwakiôjin Hokousaï (1801-1805).
H. 115.—L. 30
Collection de Goncourt.

Une courtisane, vue de trois-quarts dans une robe décorée de branchettes de sapin lavées d'encre de Chine, sur lesquelles se détachent des grues volantes, gouachées de blanc.

En haut est jetée cette poésie, signée Méjiro Sanjin:

«Le Bouddha exploita la loi religieuse. Le premier prêtre exploita le Bouddha, les prêtres de la postérité continuent à exploiter leur ancien maître, et toi tu exploites ton corps. Ton commerce consiste à calmer la fièvre des passions. Au fond la réalité c'est le néant, et le néant c'est la réalité. Le feuillage offre sa verdure et la fleur sa couleur. La lune se baigne dans le lac, mais ce n'est là que son image.» Kakémono signé: Gwakiôjin Hokousaï (1801-1805). H. 115.—L. 30. Collection de Goncourt.

En Hollande, au musée ethnographique de Leyde, M. Gonse cite trois kakémonos représentant des courtisanes, kakémonos non signés mais dignes de lui être attribués.

En Angleterre, au British Museum, venant de la collection Anderson, un kakémono en couleur sur soie (Sise 21-5/8 x 32-3/8) représentant: «Tamétomo et les diables dans l'île des diables.» Le héros est assis sur un rocher, près de trois diables qui essayent avec de grands efforts son arc. M. Anderson dit dans son catalogue que c'est une peinture d'une grande vigueur et très expressive dans les figures: peinture exécutée dans l'année où Hokousaï illustrait la sixième partie du CROISSANT DE L'ARC, roman qui est l'histoire fabuleuse de Tamétomo.

Il est signé: Katsoushika Hokousaï.

Ce dessin, en haut duquel est une poésie de Bakin, l'auteur du roman, est datée: Une nuit d'hiver de 1811. La boîte du kakémono porte une inscription du petit-fils de Bakin, disant que cette peinture, conservée dans sa famille, avait été exécutée au moment où Bakin écrivait son roman.