Ces deux kakémonos de Komati et du prêtre Kisén faisaient partie de la collection des six Poètes, dont quatre sont encore dans la collection de M. Hayashi.

Une chute de cascade, dans laquelle remontent deux carpes, avec des parties visibles et des parties noyées par la chute d'eau, dont le rejaillissement de l'écume est fait, à s'y tromper, au moyen de gouttelettes éclatées de gouache. Signé: Gwakiôjin. H. 109.—L. 48. Collection Vever.

Un piège à oiseau. Un baquet appuyé sur un bout de bambou que le moindre contact doit faire chuter et sous lequel il y a du grain. Vers le baquet descend une volée de moineaux dont l'un, sur le bord du baquet, est prêt à s'y glisser. Facture large. Signé: Gwakiôjin. H. 125.—L. 52. Collection Vever.

Sur la nuit noire d'un ciel dans lequel un éclair fait une éclaircie, le terrible Yorimasa, le général de Minamoto, contorsionné dans un mouvement de force qui dessine toute son anatomie herculéenne, tend un gigantesque arc dont la flèche va tuer le Nouyé, animal fantastique à la tête d'un tigre, au corps d'un taureau, à la queue d'un serpent. Signé du cachet: Svastica[30]. H. 100.—L.42. Collection Vever.

[Note 30: Svastica, un mot qui viendrait du sanscrit, et dont le signe est la représentation, en forme de tourniquet, du croisement de deux morceaux de bois, l'un sur l'autre, par allusion au feu des temps primitifs. Ce signe exprimerait le nombre dix mille, ou plutôt un nombre indéfini, que les Japonais prononcent man ou manji—et ce signe, Hokousaï l'a adopté un temps pour sa signature.]

Au-dessus de feuilles de momiji, une théière suspendue au bout d'une longue attache de fer passant sur une inscription contenue dans la figuration d'une sorte de tablette appelée, au Japon, papier à poésie (tansakou).

Voici ce que raconte cette théière à saké suspendue à un arbre. Sous l'Empereur Takakoura (XIIe siècle), un souverain poète, dans le jardin impérial, un jour de la fin d'automne, trois domestiques balayeurs avaient fait chauffer du saké pour se mettre un peu de chaleur au corps. L'Empereur, sorti de son palais pour admirer le coucher du soleil dans le bois d'érable, alors tout rouge, arriva seul, là où se tenaient les trois balayeurs. Le sans-gêne de ces domestiques du palais valait leur renvoi mais, avant que quelqu'un de sa suite pût les punir, l'Empereur s'écria sur un ton de bonne humeur: «Quel plaisir de voir ces pauvres gens partager mon inspiration poétique! Cela me rappelle la célèbre ligne ancienne qui dit: «Dans ce bois chauffant le saké, en brûlant les rouges feuilles d'érable…» Et les balayeurs furent pardonnés. Généralement le sujet est représenté avec les trois balayeurs habillés en blanc et coiffés de chapeaux noirs. Mais ici Hokousaï supprime les personnages.

Le tanzakou, placé au milieu, porte: «Le plaisir de la vie est d'admirer
les vues des quatre saisons, avec la lune, la neige, les fleurs, la
montagne verte, le bois à feuilles rouges, dont une partie tapisse la
terre.»
Signé: Sajimoti.
Le papier en large, placé en tête du kakémono, est une lettre
d'Hokousaï qui recommande un élève au docteur Sanghino, lettre
signée: Le paysan Hatiyémon, habitant en face de la pharmacie
Jôsaï
. Datée le 12e jour du 7e mois (probablement de la même année
1843).
H. 78.—L. 23.
Collection Haviland.

Oiseaux sur un baquet renversé, près d'un oeillet et de marguerites: les
marguerites gouachées de blanc avec un tel art qu'elles semblent brodées.
Signé: Katsouskika Hokousaï.
H. 25.—L. 32.
Collection Haviland.

À demi abritée par un paravent, une femme en train de se coiffer, les deux mains élevées au-dessus de sa tête, et soulevant par derrière sa natte à l'aide d'une grosse épingle à cheveux. Accroupie dans un mouvement plein de grâce, son miroir, qu'on ne voit pas, est posé sur le genou d'une jambe remontée; dans ce mouvement, un sein sort de sa robe et, sous la robe, s'entrevoit un rien du dessous de la cuisse et du pied de la jambe qui porte le miroir.