Tête de Darma. Lavis d'une beauté tout à fait singulière. Une noyade d'encre de Chine où, dans le flou du lavis, les traits du saint apparaissent avec quelque chose de la solidité d'une sculpture qu'on apercevrait au fond de l'eau. Non signé. H. 59.—L. 28. Collection Gonse.
La marchande de fagots. Un boeuf sur lequel est un abri en roseaux et que conduit par la bride une femme fumant sa pipette. Une aquarelle où, sur la massivité sombre de l'animal, se détache l'éclatant bariolage de la robe de la conductrice. Signé: Taïto Hokousaï, changé de nom. H. 85.—L. 31. Collection Gillot.
Un vieux marchand d'écumoires en bambou pour la poudre de thé, appelées en japonais tchasén, accroupi à terre, au milieu de l'étalage des objets de sa vente. Un barbouillage d'encre de Chine, rehaussé de blanc, avec un ton de chair sur la figure et les mains; et où les petits yeux écarquillés, le nez en point d'interrogation, la bouche égueulée du marchand, montrent, sous quatre coups de pinceau, toute la narquoiserie d'une physionomie japonaise. Signé: Katsoushika Mousén hôshi, ou le prêtre sans le sou de Katsoushika, à 65 ans (1824). H. 65.—L. 35. Collection Gillot.
Sur un mortier du riz, un coq qui n'est pas l'éternel coq de profil d'Hokousaï, mais un coq de trois quarts, piété de côté dans une attitude batailleuse; un coq au rouge vineux de sa crête s'enlevant sur le noir de sa queue et de son poitrail: le coq le plus artistique des coqs du maître, et dont la pochade prend, à distance, le trompe-l'oeil de l'aquarelle la plus achevée. Signé: Taïto, autrefois Hokousaï. H. 80.—L. 29. Collection Gillot.
Un sanglier détalant dans la neige. Une merveille que ce déboulement
galopant, où sont si bien dessinées les délicates pattes en mouvement, du
lourd animal.
Signé: Manji, vieillard de 88 ans (1847).
H. 32.—L. 32.
Collection Gillot.
Le prêtre Saïguio, poète voyageur, regardant, sur un pont, une grue volante dans le haut du ciel. L'homme, la main appuyée sur un bâton, est penché à droite, la tête cachée par son chapeau. Un dessin aux dessous solides, ressentis, sous des colorations éteintes, où se voient une besace au vert joliment passé, une robe jaunâtre aux cassants des plis relevés de filées de gouache. Un des beaux kakémonos que j'aie vus et qui, exécuté dans les dernières années de sa vie, a le doux enveloppement du beau temps de son talent. Signé: Manji, vieux de 85 ans. H. 95.—L. 28. Collection Gillot.
Deux canards mandarins à l'aquarelle: l'un, la tête levée, l'autre
fouillant la vase.
Signé: Manji.
H. 97.—L. 27.
Collection Vever.
Sékizoro. Trois danseurs du Jour de l'An, tenant dans chacune de leurs
mains un bâton. Un dessin à l'habile groupement, et où un danseur de face
se voit entre deux danseurs de dos, comme dans une ascension pyramidale.
Signé de la signature de ses derniers temps.
H. 125.—L. 52.
Collection Vever.
La poétesse Ono Komati, avec ses deux mouches au front des femmes de la noblesse et sa belle chevelure noire dépassant par derrière la traîne de sa robe, d'une main tenant un grand éventail qui lui masque la gorge et le bas du visage. Elle est vêtue d'une robe de dessous rouge, sur laquelle est jetée une robe de dessus à fleurettes. Non signé. H. 132.—L. 55. Collection Vever.
Le prêtre Kisén. Il est vu de dos, avec sa calvitie au milieu de la couronne de ses cheveux, et un bout de profil perdu qui ressemble à un profil de gorille. Appuyé sur un bâton, il est habillé d'une robe noire, sur laquelle est jetée comme une couverture à larges bandes, couleur de rouille. Non signé. H. 132.—L. 55. Collection Vever.