Et, jusqu'au bout, jusqu'à la fin de la neuvième série, toujours des images différentes ne se répétant pas. C'est la danse d'une femme au moment où, après s'être inclinée, elle se relève avec cette flexibilité des reins qu'Hokousaï sait si bien rendre, les bras étendus, la tête amoureusement renversée en arrière; c'est la vue d'un vaisseau de guerre japonais avec son architecture de pagode; c'est l'incendie d'un convoi militaire de vivres; c'est enfin une des dernières planches où, dans une nuit éclairée par une lune qui rend les vagues toutes blanchissantes, sur une barque que fait avancer un marinier, penché sur un long bambou, Roshûn, un des cent huit victorieux, boit une coupe de saké que lui verse une élégante femme, et la légende de la gravure est celle-ci: Roshûn buvant sous la belle lune dans la rivière de Waï.
L'illustration de ce roman en quatre-vingt-dix volumes est en général de trois images doubles par volume, ce qui fait avec les frontispices, pour l'ouvrage entier, près de trois cents estampes.
Une autre publication a été faite d'estampes se rapportant à l'illustration de Souiko par Hokousaï, mais d'estampes différentes de celles du roman, éditées en 1829 sous le titre: Yèhon Souikodèn, ILLUSTRATION DES PERSONNAGES DE SOUIKODÉN.
Nous y retrouvons le prêtre à la barre de fer, Rotishin, le tueur de tigre, Boushô, et Itijôsei la femme forte, à côté de Kiumonirô Shishin, l'homme au corps entièrement tatoué de dragons, et de Rosénsho, ce mortel qui avait le pouvoir de produire des orages pour terrifier l'ennemi;—tous deux faisant partie des cent huit héros de l'épopée chinoise.
En 1808, Hokousaï illustre Yûriakou Onna Kiôkoun, L'ÉDUCATION D'UNE FEMME HÉROÏQUE, un roman écrit par Ikkou sur une légende du XVe siècle, racontant ce qui s'est passé, dans le temps, au château du daïmiô Kitabataké, où l'une des planches vous montre une femme s'exerçant au maniement du sabre.
La même année 1808 Hokousaï illustre Kataki-onti Miyorino Miôgô,
LA GLOIRE D'UNE VENGEANCE.
Un roman du romancier Bakin, un roman en six volumes très chargé d'incidents, où il est question d'une méchante femme représentée dans un beau dessin, un sabre dans les dents, des malheurs d'un garçon de marchand de saké, d'une femme possédée par un esprit, d'un papier volé à un samouraï assassiné, d'une fille sauvée par le fils de l'assassin des mains de la méchante femme, de tueries nombreuses, de la retrouvaille du papier rapporté au prince, et du mariage du jeune homme avec la jeune fille qu'il a délivrée.
En 1808 Hokousaï publie l'illustration de Shimoyo-no-Hoshi, LES ÉTOILES
D'UNE NUIT, OÙ IL GÈLE, un roman de Tanéhiko en cinq volumes.
La jalousie de la femme est un des sujets le plus souvent traités par le roman japonais, et il s'agit encore—comme dans le roman de la CONVERSION DE L'ESPRIT DE KASANÉ, de Bakin,—de la jalousie d'une femme contre une rivale et de son assassinat par son mari.
La préface de Tanéhiko est gravée sur un éventail blanc jeté sur une page noire: l'imagination de Hokousaï trouvant à tout un ingénieux motif d'ornementation et, dans un autre roman, mettant la table des matières contre un cadre attaché sur un treillage de bambous tout garnis de feuillages et de fleurs.