C'est l'histoire de deux lutteurs, Nourégami et Hanarégoma, en une illustration très coloriste dans le noir.
L'une des planches représente Hanarégoma déracinant des rochers à la force de ses bras tirant une corde. Puis l'on voit les deux lutteurs mesurer leurs forces et, à quelques planches de là, se constituer volontairement prisonniers et comparaître devant un tribunal qui les déclare innocents d'un crime commis par d'autres.
Pourquoi ce titre: LES DEUX PAPILLONS? L'explication n'en est guère donnée que par un jardin où l'on voit de nombreux papillons, parmi lesquels est un papillon mort, tombé à terre.
En 1808 et 1811, Hokousaï publie l'illustration de Sanshiti Zéndén Nanka no Yumé, LE RÊVE DU CAMPHRIER DU SUD, un roman en dix-sept volumes, divisé en deux parties, et dont le texte est de Bakin.
Un roman contenant l'histoire de trois générations, commencée avec l'histoire du ménage Sankatou et Hanshiti, et finissant à Onono Otzou, la célèbre femme de lettres du XVIe siècle, qui a écrit au Japon la première pièce de théâtre sous une forme moderne.
L'illustration du roman commence par l'abatage d'un très vieux camphrier poussé sur la montagne de Yonédani-Yama, l'abatage d'un camphrier sacré, où les bûcherons, dans leur oeuvre sacrilège, se blessent en tombant des branches. Et la chute des bûcherons amène l'image d'un vendeur de pommade pour les blessures, qu'on voit accroupi sur une peau d'ours, à côté d'un grand pot où, après s'être fait une entaille à la peau, il puise de la graisse d'ours et montre aux assistants que l'application de cette graisse arrête le sang.
Hanshiti, auquel est apparu l'esprit du camphrier, un jour qu'il dormait sous son ombre amie, n'éprouve plus que des malheurs depuis l'abatage de l'arbre. Sa femme Sankatsou est obligée de se faire chanteuse de la rue, à jouer du kokiû, espèce de violon-guitare, sur les places publiques, et ils tombent dans une telle misère, lui, sa femme et sa fille, la femme de lettres future, déjà grandelette, que le malheureux est au moment de se suicider, quand l'inspiration lui arrive de fabriquer des chignons pour femmes,—les Japonaises portant de faux cheveux tout comme les Européennes, —et nous voyons le ménage installé dans une boutique où commence pour ces pauvres gens la bonne fortune. Mais ils sont accusés de vilaines actions, et obligés de quitter la province où les vrais coupables, après leur départ, avouent leurs méfaits en se suicidant dans un cimetière.
Au fond, Hanshiti est d'origine noble, mais descendu à l'état de rônin en sa détresse; seulement, s'il retrouve un sabre dont il était le détenteur, il redeviendra noble, et la seconde partie du roman se passe à la recherche de ce sabre, au milieu de toutes sortes d'aventures dans le genre de celle-ci: dans une attaque de malfaiteurs, la jeune fille a perdu une de ses chaussures en bois, un malfaiteur la lui rapporte et, enflammé par sa beauté, veut la violenter:—elle le tue.
En ce roman, qui commence par la description du camphrier, qui passe à la fabrication des chignons de femmes, se termine par une pièce de vers pour arrêter la sécheresse d'un été caniculaire, et la retrouvaille du sabre de Hanshiti, qui rentre dans la classe des guerriers,—toutes ces péripéties diverses du roman amenant à la fin, on ne sait trop comment, le salut de la princesse Yénju.
En 1810, Hokousaï publie l'illustration de On-yô Imoséyama, LES FIANCÉS ISOLÉS SUR DEUX MONTAGNES EN FACE, roman dont le texte est de Shinrotei, édité en six volumes.