Un roman où deux familles, séparées par des dissensions politiques, habitent deux montagnes voisines, et où le fils d'une de ces familles devient amoureux de la fille de l'autre famille et, plus heureux que Roméo, arrive à se la faire accorder: roman dans lequel l'intérêt amoureux est associé à l'intérêt dramatique d'une conspiration du prince Irouka contre l'empereur régnant.

Des planches représentant les palais des deux familles vous apprennent, par des cordes reliant les toitures et sur lesquelles glissent des cerfs-volants, les ingénieux moyens de communication qu'ont trouvés les amoureux.

Une autre planche, où Hokousaï donne un curieux échantillon de son imagination fantomatique, est la gravure de la salle où a lieu la conspiration, salle ayant la réputation d'être hantée par les mauvais esprits et qu'a choisie exprès Irouka pour n'être pas dérangé dans ses conciliabules.

Une salle éclairée par une lampe faite par l'assemblage de fémurs au haut desquels une tête coupée crache de la flamme; une salle qu'escaladent du dehors les branches d'un arbre à l'apparence d'ailes de chauve-souris. Là, court à quatre pattes un squelette d'enfant, au milieu de femmes qui ont des mufles de bouledogues, deux ou trois dents leur saillant hors la bouche, toutes avec les deux petites mouches au front des femmes de la noblesse; et cela sur des fonds de toile d'araignée derrière lesquelles s'entrevoient vaguement des visions d'êtres surnaturels.

En 1812 Hokousaï publie l'illustration de Matsouwô Monogatari, HISTOIRE DE MATSOUWÔ, roman dont le texte est de Koyéda Shiguérou, édité en six volumes.

Un roman qui est une suite d'apparitions, parmi lesquelles l'apparition de la jeune morte Yokobouyé, apparaissant, dans un éclair, au pied du lit de son amoureux Tokiyori, est d'un effet saisissant.

En 1812, Hokousaï publie l'illustration de Aoto Foujitsouna Moriô-an, LES DESSEINS DU JUGE AOTO (ancien juge célèbre du XIIIe siècle), un roman dont le texte est de Bakin, édité en dix volumes.

Une des premières planches représente le juge sur un pont, assistant à la recherche, dans une rivière, de quelques pièces de monnaie par des plongeurs. Et, comme on se moque de lui, et qu'on lui dit que cette recherche de l'argent dans l'eau coûte beaucoup plus cher que l'argent perdu, il répond que l'argent dans la rivière ne profite à personne, tandis que l'argent donné pour le retrouver profite à des gens.

Et ce sont de beaux dessins du juge lisant un papier, du juge jugeant dans son tribunal des criminels attachés les mains derrière le dos par une corde que tient un garde, et dont on voit les têtes dans une autre planche fixées sur les cornes des taureaux que ces animaux promènent.

Une idée ingénieuse: sur une des planches, ce que lit un homme, c'est la légende de la gravure.