Les dix premiers volumes, en leurs tirages primitifs, et lorsque les bois sont à Yédo, ont pour éditeurs trois éditeurs de cette ville et un éditeur de Nagoya; à partir du dixième volume les bois sont cédés à l'éditeur Yeirakouya de Nagoya.
Un seul volume, le douzième, porte le nom du graveur, et ce graveur est
Yégawa Tomékiti.
XXII
En 1806, à la suite du bruit qu'avait fait l'improvisation en public d'une grande peinture d'un Darma par Hokousaï, deux ans auparavant, il venait au shôgoun de Tokougawa la curiosité de le voir travailler.
Donc un jour d'automne, au retour d'une chasse au faucon, le shôgoun le faisait appeler devant lui et s'amusait à lui voir exécuter des dessins. Puis, tout à coup, Hokousaï couvrant la moitié d'une immense bande de papier d'une teinte d'indigo, faisait courir dessus des coqs aux pattes plongées dans de la couleur pourpre, et le prince étonné avait l'illusion de voir la rivière Tatsouta, avec ses rapides charriant dans leurs eaux des feuilles pourpres de momiji.
L'intérêt de cette entrevue: c'est que sous les Tokougawa, jusqu'à ce jour, un homme du peuple ne pouvait se présenter devant le shôgoun.
XXIII
En 1811 Hokousaï publie, en collaboration avec Hokousou qui dessine le premier volume, Jôdan Foutsouka Yehi, IVRESSE DE DEUX JOURS, une série de dessins comiques.
Dans l'illustration du second volume, dont il s'est chargé, il nous montre des porteurs ivres que regardent des enfants, et vraiment il est impossible de rendre mieux l'hilarité bête de ces visages, avec la demi-fermeture des yeux et l'égueulement de la bouche entr'ouverte de côté.
Une autre planche très amusante de ces scènes, qui se passent la veille et le jour même du Jour de l'An: c'est l'entrée dans un intérieur, d'un vieux prêtre pochard, à la tête impossible, travesti en manzaï, escorté d'une espèce d'enfant de choeur faisant du tapage avec un instrument pour appeler au service divin et, devant ces deux ivresses de la vieillesse et de l'enfance, le rire du bourgeois japonais, l'attention dédaigneuse de la femme, l'ahurissement d'un ami.