Enfin la dernière planche: dans une chambre décorée de feuilles de fougère et de branches de sapin, le décor des intérieurs de Jour de l'An, a lieu une terrible bataille à coups de balais, entre deux hommes que trois autres ne peuvent séparer.
La même année Hokousaï publie l'illustration de Hokou-yétsou Kidan, LES LÉGENDES FANTASTIQUES DE LA PROVINCE DE YÉTIGO, édité en 6 volumes, avec un texte par Tanéhiko.
Un ouvrage dans lequel se trouve reproduite par Hokousaï une carte de cette province où il neige beaucoup, au milieu d'un méli-mélo d'hommes-bêtes, de coraux, de plantes marines, de monnaies, d'objets usuels, de serpents d'une grandeur fabuleuse, enfin de choses réelles et de choses surnaturelles.
La même année Hokousaï publie encore l'illustration de Tawara-Tôda Rôko dén, CONTE D'UN VIEUX RENARD ET DU GUERRIER TAWARA TODA, pièce de théâtre par Tanéhiko, éditée en trois volumes et gravée avec une écriture plus grande, plus facile à lire que l'écriture du roman, de l'histoire.
Cette pièce de théâtre a pour principal personnage Hidésato, le guerrier qui, trouvant une femme pleurant aux bords du lac Biwa, lui demandait la cause de son chagrin. La femme qui était la reine du lac Biwa lui répondait que, depuis des années ses enfants étaient mangés par un scolopendre géant. Hidésato de s'informer où se trouvait ce monstre. Elle lui indiquait la montagne Ishiyama où son corps, lui disait-elle, faisait sept fois et demie le tour de la montagne et lui montrait, dans le moment, une masse brillante qui luisait au soleil comme un bloc de diamant: c'était l'oeil de l'insecte colossal dans lequel Hidésato mettait une flèche mortelle.
L'illustration de cette pièce par Hokousaï est intéressante. Dans le dessin de la reine de Biwa, de la femme d'Hidésato, de la fille d'Hidésato, l'amoureuse de Sadamori, le dessinateur a abandonné la mignonnesse un peu petite, un peu miniaturée de ses premières années; et, tout en leur laissant leur première grâce, il arrive à leur donner de l'ampleur, de la grandeur, à les varier et à ne plus toujours faire la même longuette petite femme de ses débuts. Dans l'oeuvre d'Hokousaï, les femmes de ces années ont une parenté avec les femmes de Hokouba.
En 1812, il n'illustre aucun livre.
En 1813, dans le Katsoushika Zoushi, PLAN ET TRADITIONS DE KATSOUSHIKA, dans ce volume contenant un plan de cette partie de la ville de Yédo, de l'autre côté de la Soumida, de ce quartier maraîcher et plein de salines aimé par le peintre, Hokousaï dessine, près de deux pêcheurs au jupon de roseaux, une femme puisant dans un petit tonnelet, emmanché à un grand bâton, l'eau d'une source célèbre.
XXIV
En 1814 paraît une illustration d'Hokousaï qui mérite d'être signalée à part et décrite pièce par pièce. C'est le Shashin gwafou, ÉTUDES D'APRÈS NATURE[15], publié en 1814, avec une préface de Hirata, sans nom d'éditeur, ce qui ferait supposer qu'il a été dessiné et gravé en couleur pour une société d'amateurs. Un livre composé de quinze planches où Hokousaï donne quinze échantillons divers de son talent multiple, au moment de sa plus grande puissance, dans les légères et délicates colorations des sourimonos: un livre dont les beaux exemplaires complets sont de la plus grande rareté et se vendraient en vente de douze cents à deux mille francs.