[Note 15: Sha:—copier; shiu:—vérité; gwa:—dessin; fou:—album.]
I. Hotei fumant. Le dessin caricatural du dieu de l'enfance, au triple menton, au ventre bedonnant, ramassé à terre, la tête renversée dans la jubilation de la fumerie d'une longue pipe.
II. Contemplation de deux papillons par un Japonais. Un disciple du philosophe chinois Sôshû, son éventail tombé à terre, près d'un bol de saké vide, les deux coudes sur un escabeau et les deux mains croisées sous le menton, suit des yeux le vol de deux papillons dans une rêverie qui lui fait regarder la vie humaine comme la vie éphémère de ces insectes d'un jour.
III. Un peintre de tori-i. Un homme, la tête en bas, une brosse dans une main, une écuelle pleine de noir dans l'autre, enduit de couleur la base d'un pilastre, le corps plié en deux, les reins cassés dans une dislocation toute-puissante.
Ces deux dessins, le philosophe et le peintre de tori-i, ont une parenté extraordinaire avec le beau faire brutal de Daumier et avec ses indications à la fois vigoureuses et comiques du muscle dans ses anatomies.
IV. La déesse Kwannon sur un dragon. Cette déesse, dont les prières ont pour but de faire arriver à la rive des bienheureux, les âmes pécheresses retenues de l'autre côté du fleuve, est représentée dans une glorieuse image avec la sérénité bouddhique de son visage se détachant d'un nimbe d'or pâle, et toute volante dans sa robe d'un rose mourant éparpillée sur la nuit du fond.
V. Paysage couvert de neige, avec une montagne dans le fond, et au premier plan un sapin s'élevant au-dessus des habitations rustiques de Tsoukouba dans la baie de Yédo[16].
[Note 16: M. Bing possède des épreuves, tirées à part de cette planche
et de la suivante, tout à fait extraordinaires.]
VI. Une branche de prunier rose sur une pleine lune indiquée seulement par un gaufrage presque invisible.
VII. Une branche de cerisier double au coeur de la fleur jaune; une espèce où les feuilles viennent en même temps que les fleurs et qui est appelée au Japon Shiogama.