Samedi 11 août.—Dans Saint-Simon à la peinture, à l'admirable peinture des gens, manque malheureusement la peinture des choses.

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Vendredi 24 août.—Pendant le Siège, j'ai passé bien des heures, des heures absentes de Paris, dans ce rêve me revenant tous les jours. J'avais inventé un produit qui faisait évaporer l'hydrogène de l'air, et rendait cet air qui brûlait, irrespirable à des poumons humains. J'avais aussi, avec l'invention de ce produit chimique, trouvé le mécanisme d'une petite chaise volante, qu'on montait comme une montre pour vingt-quatre heures. L'on pense les hécatombes de Prussiens, que je faisais du haut du ciel, et dans des circonstances toujours nouvelles. Ce qu'il y a de curieux, c'est que cette imagination avait le côté hallucinatoire de ces petits romans, que les enfants inventent, et jouent tout seuls, dans des coins noirs de chambre.

Ces jours-ci, à propos de l'article menaçant du journal allemand, j'étais repris par cette rêvasserie homicide.

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Dimanche 26 août.—J'ai des lâchetés de vouloir, quand les choses me demandent de la locomotion, des lâchetés, comme on en a dans le mal de mer.

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Lundi 27 août.—Je monte hier, en voiture, avec un vieux monsieur à favoris blancs, le chapeau posé en arrière de la tête, avec, diable m'emporte! l'accent anglais, et que je prends pour un Anglais.

À Sannois, il descend avec moi, et le voilà dans l'omnibus de la princesse. C'est Minghetti, le ministre des finances italien. À l'heure présente, c'est chez les Italiens de la société, une rage d'imitation britannique, dans la tenue, l'habillement, la coupe des favoris, et le reste.

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