Mercredi 23 juillet.—Sur le perron de Jean-d'Heurs, dix heures du soir.

Un ciel tout zébré de noir, et au milieu duquel il éclaire, parmi les senteurs écœurantes des orangers, parmi le bruit, comme brisé, de jets d'eau las. Il me semble vivre, un moment, dans les fonds fauves d'une de ces vieilles toiles, dont les maîtres vénitiens entourent un couple d'amoureux, pâlement enfiévrés, et aux lèvres, aux regards de sang.

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————Il est des femmes qui, avec des formes menues et des apparences délicates, ont des santés de portefaix.

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Lundi 28 juillet.—À relire ces épreuves d'En 18… mon premier bouquin, j'ai parfois des colères, contre le non vrai du livre, qui me font jeter les feuilles imprimées par terre, et les repousser du pied, loin de moi… Puis, je vais les rechercher.

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Vendredi 8 août.—Une cousine me parlait de la liberté de paroles des femmes du grand monde, de vingt ans, comparée à la liberté de paroles des femmes de trente ans. Son frère, qui se trouvait là, citait cette phrase, à lui dite par une de ces femmes, à brûle-pourpoint et sans invite à la chose: «Connaissez-vous le jeu de frotte-nombril

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Lundi 11 août.—Aujourd'hui par une percée, dans la verdure de l'Allée de ceinture, on voyait la campagne dans un ensoleillement de la blancheur des choses chauffées à blanc, et sur les champs moissonnés, l'entre-croisement des javelles dorées, apparaissait comme un délicat travail, de paille tressée.